C’est officiel : la Fondation de l’islam de France existe effectivement. Le décret de sa création est paru hier au Journal officiel, rapporte La Croix. Siégeant à Paris, cette fondation, laïque et reconnue d’utilité publique, est l’un des piliers du futur édifice que le nouveau Premier ministre français Bernard Cazeneuve, fraîchement nommé, a réussi à bâtir pendant son passage au ministère de l’Intérieur pour faire émerger un « islam républicain ».

Après plusieurs années pendant lesquelles le dialogue institutionnel avec le CFCM a battu de l’aile, la place Beauvau a repris l’initiative après les attentats de janvier 2015. Constatant les blocages au sein du CFCM, Bernard Cazeneuve a réuni le 15 juin 2015 une première « instance de dialogue avec le culte musulman », élargie à la société civile musulmane, puis une seconde le 21 mars 2016.

Dans un contexte de fortes tensions consécutives aux attentats de cet été à Nice, Magnenville et Saint-Étienne-du-Rouvray, Bernard Cazeneuve avait détaillé le 29 août dans La Croix son dispositif pour « un islam de France » : une Fondation de l’islam de France à vocation culturelle, et une association cultuelle confiée aux musulmans eux-mêmes destinée à financer les mosquées et la formation théologique des imams. Les équipes du ministère de l’intérieur ont eu la lourde tâche, ces dernières semaines, de mettre sur pied la première, et d’« accompagner » l’accouchement de la seconde.

La Fondation de l’islam de France prend la suite de la défunte Fondation des œuvres de l’islam, lancée par Dominique de Villepin et dont elle récupère la dotation initiale d’un million d’euros, mais qui n’a jamais fonctionné en raison des dissensions entre fédérations musulmanes. Un autre décret abroge d’ailleurs la reconnaissance de la première et nomme un commissaire liquidateur, Christian Poncet, pour organiser le transfert des fonds.

« Le 12 décembre, lors de la prochaine instance de dialogue organisée par le ministère de l’Intérieur, des ateliers sont prévus pour que les porteurs de projets susceptibles d’être financés puissent se présenter », a déclaré le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Anouar Kbibech. « Cette fondation est importante parce qu’elle permettra aussi de financer la partie culturelle adossée aux mosquées », a-t-il précisé.

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