Mounia Meslem, qui a la charge de la solidarité nationale, considère que les femmes hauts fonctionnaires ont des maris pour les entretenir. Elle a provoqué un tollé.

Pour sauver les comptes publics algériens, la ministre de la solidarité nationale, de la famille et de la condition de la femme a une idée bien surprenante... Dans une interview accordée à la chaîne de télévision privée El Bilad mercredi 30 novembre, Mounia Meslem, en poste depuis 2013, propose que les femmes mariées, cadres de la fonction publique restituent leurs revenus à l'Etat, comme le rapporte Le Monde

"J’ai dit que s’il fallait que l’on donne tout notre salaire mensuel", "ce serait avec plaisir", a-t-elle indiqué alors qu'elle était interrogée sur des efforts fournis par les politiques dans un contexte d'austérité. "Nous pouvons aider notre pays qui a assuré notre éducation et nous a donné la chance de faire carrière", explique-t-elle sérieusement dans des propos qui ont notamment  été traduits par Europe 1. "Il est clair que ce n’est pas ce salaire qui nous fait vivre. Il y a nos maris qui s’occupent de nous", poursuit-elle.

L'idée de la ministre était de proposer une solution face à la crise économique. Mais Kader Affak estime que les autorités ne demandent des efforts qu'aux salariés. « Ce qu'elle a dit, c'est justement la loi de Finances de 2017. C'est toute l'orientation socio-économique du pouvoir. Cette crise ne sera assumée que par les pauvres. On ne va pas toucher aux grands bonnets de l'informel. Ca veut dire que le pouvoir aujourd'hui veut soumettre toute la société à sa logique libérale. »

Les ministres ont annoncé finalement qu'ils verseraient 10% de leur salaire au Trésor public dès le mois de janvier.

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