Pour les consommateurs d’or noir c’est un coup de pompe mais pour les producteurs de la même matière c’est tout simplement un bon coup. Ce qui vient d’être décidé à Vienne met peut-être un terme à un cycle imposant un prix bas du baril du pétrole. Les quatorze pays producteurs réunis au sein de l’OPEP se sont en effet accordés pour réduire leur production de pétrole.

Les quatorze pays exportateurs de pétrole membres de l'Opep ont fait mentir les augures qui pensaient que les divisions politiques entre l'Arabie saoudite, l'Iran et l'Irak prévaudraient. Le «cartel» a conclu mercredi, en son siège de Vienne en Autriche, un accord, le premier depuis 2008, pour réduire sa production de brut. Objectif: limiter l'offre mondiale, dont l'excès, alimenté par le pétrole de schiste américain, a fait plonger le cours de 60 % depuis l'été 2014.

La réaction des marchés a été immédiate. Le baril de brent, principale référence du marché mondial, a bondi, de 43,40 dollars à l'ouverture, à 50 dollars dès les premières annonces parvenues de Vienne en début d'après-midi. Ce niveau n'avait pas été atteint depuis la fin octobre. C'est surtout nettement supérieur au point bas de fin janvier, où il était tombé à 27 dollars.

Après plus de deux ans de vaches maigres, l'urgence de s'entendre pour renflouer les caisses des États pétroliers a été plus forte que les divisions. Un connaisseur rappelle que même au cœur de la guerre entre l'Iran et l'Irak, dans les années 1980, l'Opep avait su faire bloc pour préserver ses intérêts économiques et financiers.

Un compromis entre l'Iran et l'Arabie saoudite

Les cours ont fluctué pendant des semaines en fonction des rumeurs sur les chances de mises en oeuvre de cet accord et, mardi encore, ils avaient chuté face au manque de volonté apparente des membres de l'Opep. Or, en début de journée, "des ministres présents au sommet (...) assuraient qu'ils sont unanimes sur la signature d'un accord de baisse de la production", a précisé Gene McGillian. 

L'Irak, les Emirats arabes unis et, surtout, l'Arabie saoudite, membre dominant du cartel, ont tenu des propos en ce sens. Ryad avait notamment laissé entendre qu'un compromis avait été trouvé avec l'Iran, son grand rival régional, qui n'est logiquement pas enclin à baisser son offre au moment où il fait son retour sur le marché mondial. 

"L'Arabie saoudite semble prête à voir sa production prendre un coup, mais elle exige de voir les autres pays faire des efforts", a expliqué Jasper Lawler, analyste de CMC Markets. En tout état de cause, cette actualité éclipsait largement l'attente des chiffres hebdomadaires sur l'offre américaine, publiés par le département de l'Energie comme tous les mercredis. 

A lire: Elle a décidé de se convertir à l'Islam à cause des discours haineux de Donald Trump