Avec le décès de Fidel Castro, père de la Révolution cubaine et grand défenseur des causes justes à travers le monde, l'Algérie perd un grand ami dont le pays a toujours été un allié et un partenaire de poids.

Fidel Castro, le dernier Comandante et icône de la révolution cubaine et des luttes anti-impérialistes, est décédé vendredi soir à l'âge de 90 ans à La Havane, marquant la fin d'une ère qu’il a marquée de son empreinte en tant que symbole des combats des peuples pour leur émancipation. L’ami de l’Algérie, qui avait tenu à se montrer tout récemment à la télévision habillé d’une tenue de sport aux couleurs de l’équipe nationale, avait été un compagnon de lutte très proche de Che Guevara. Il reste aussi une figure historique de premier plan pour les mouvements de libération à travers le monde, notamment durant les années 60 et 70. Depuis 2000, Fidel Castro souffrait de graves problèmes intestinaux qui l’avaient contraint à se retirer de la vie politique à partir de 2006 au profit de son frère cadet Raul, bien qu’il continuât à conserver un poids moral qu'il exerçait notamment à travers ses dizaines de “réflexions”, qu'il publiait régulièrement dans la presse cubaine.

Ami fidèle de l'Algérie, Castro, qui avait quitté le pouvoir en 2006, avait même revêtu lors d'une de ses rares apparitions publiques, en août dernier, un survêtement aux couleurs de l'équipe algérienne lors d'une cérémonie officielle organisée en son honneur pour montrer son fort attachement à l'Algérie.

Lors de sa visite officielle au Cuba, au mois d'octobre dernier, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal avait rendu visite au leader cubain, lui remettant, en guise d'amitié, un burnous, un habit traditionnel typiquement algérien.

Le leader cubain, malgré la distance géographique séparant l'Algérie à son pays, avait toujours entretenu des relations d'amitié et de fraternité avec les différents dirigeants algériens. Déjà en octobre 1962, quelques mois à peine après l'indépendance du pays, Fidel Castro recevait à La Havane, feu président Ahmed Ben Bella.

Celui qui était devenu depuis le triomphe de la révolution cubaine l’ennemi numéro 1 des États-Unis a échappé depuis son accession au pouvoir à la Havane à quelque… 638 projets d’attentats fomentés, pour la plupart par la CIA, l’agence américaine du renseignement qui a, des décennies durant, tenté d’assassiner le père de la révolution cubaine. La réaction américaine s’est, d’ailleurs, fait attendre hier et le président Barack Obama semble avoir pris tout son temps pour s’exprimer sur le sujet, lui qui a pourtant été l’artisan de l’avènement de la période actuelle d’apaisement dans les relations entre les deux pays. “L'Histoire jugera l'impact énorme”, a-t-il déclaré, soulignant, toutefois, que son administration avait “travaillé dur” pour tourner la page de plus d'un demi-siècle de discorde et de profonds désaccords politiques. Un des meilleurs hommages au Lider Maximo est venu, contre toute attente, du Premier ministre slovaque dont le pays préside actuellement l'Union européenne, qui a soutenu que “Cuba n'a jamais menacé quiconque et ne veut que vivre sa propre vie. Nombreux sont ceux qui, à tort, ont haï et continuent de haïr Cuba pour son courage”.

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