Emmanuel Macron, l'ex-ministre de l'économie vient de donner troisième série de ses diagnostics sur l'état de la France. Discours s'achevant sous les cris de "Macron président!" et Marseillaise entonnée par l'ancien ministre sur le podium... Cette réunion publique sur le vivre ensemble et l'intégration avait résolument les atours d'une campagne présidentielle, même si le fondateur du mouvement En Marche!, toujours porté par de bons sondages, n'a prévu d'officialiser son éventuelle candidature qu'en décembre ou janvier.

Dans ce qu'il a à plusieurs reprises nommé "cette nation bienveillante et exigeante", "aucune religion n'est un problème". "La laïcité, c'est une liberté avant d'être un interdit", a-t-il insisté, invoquant le "texte de tolérance" que constitue la loi de 1905 de séparation de l'Eglise et de l'Etat. 

Mais, a-t-il analysé, "le coeur du débat qui est posé à notre société, il faut le regarder en face: c'est l'islam". "C'est la question que devons regarder ensemble, il n'est pas besoin de tout confondre", a-t-il ajouté, appelant à lui "construire sa place dans la nation française, en l'assumant, en l'aidant pleinement à s'intégrer". Il a à ce titre proposé non "pas de nouveaux textes, de nouvelles lois, elles sont là", mais leur application. 

«Est-ce que notre République est suffisamment forte, adulte, responsable, pour décider d'intégrer pleinement l'islam en France ? Ou voulons-nous céder à celles et ceux qui nous promettent le pire ?» Sa solution ? «Revoir l’organisation de l’islam en France (...) Car si l’Etat est neutre, nous avons le devoir de permettre à chacun d’exercer dignement sa religion», défend-il, tout en posant cet impératif : «Faire que les Français de confession musulmane soient toujours plus fiers d'être français que d'être musulmans.»

Il a immédiatement été pris à partie par un des participants: "vous êtes en train de faire un amalgame très grave, vous n'habitez pas dans le quartier". A quoi l'ancien ministre a rétorqué: "oui mais ça ne nous empêche pas de réfléchir ensemble". 
Puis, M. Macron a développé son argumentaire, refusant de changer de sujet tant que son interlocuteur n'avait pas compris son raisonnement. 
Interpellé sur le fait qu'"un salafiste est un citoyen comme un autre", il a répondu: "il y a des associations qui ne respectent pas la loi de la République au nom de la religion, celles-là, je veux les démanteler".
"Vous faites de la surenchère", a-t-il reproché à son contradicteur qui évoquait l'état d'urgence et les multiples perquisitions sans résultat dans le quartier de la Paillaide. "Ce n'est pas la religion de quelqu'un qui détermine les choses, quand une association déclare que les valeurs qu'elle porte sont supérieures à la République, il faut la démanteler".
Un peu plus tard, parti sur un autre sujet, il a estimé qu'il était "très sain qu'on s'engueule pour clarifier les choses".
Dans son discours mardi soir, M. Macron doit notamment parler de laïcité et de désenclavement des quartiers.

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