L’Arabie saoudite était de nouveau dimanche sur la sellette au lendemain d’un carnage ayant fait plus de 140 morts dans la capitale yéménite Sanaa, qui a poussé Washington à prendre plus de distance avec Ryad.

Selon le coordinateur humanitaire pour l’ONU au Yémen, des raids aériens sur la capitale Sanaa ont tué plus de 140 personnes et fait plus de 525 blessés. La coalition arabe, à laquelle les rebelles houthis ont attribué ces raids, a nié toute implication et se dit prête à associer Washington à une «enquête immédiate» sur ces raids. Un peu plus tôt, les Etats-Unis avaient en effet déclaré qu'ils allaient « examiner » leur soutien à la coalition menée par Riyad après ces raids.

Les frappes aériennes ont visé une salle publique où se tenait une cérémonie mortuaire. Selon le site internet des rebelles houthis sabanews.net, de nombreuses personnes y étaient venues présenter leurs condoléances suite à la mort du père du « ministre de l’Intérieur » Jalal al-Rouichène.

« Il y a plusieurs vidéos qui montrent que c'est bien la coalition dirigée par l'Arabie saoudite qui est responsable de ce raid qui a eu lieu pendant la cérémonie de funérailles du père de Jalal Al Rouichène, le ministre de l'Intérieur du gouvernement Houti, témoigne Mohamed Al Khawani au micro de MCD. Je me suis rendu sur les lieux quelques minutes après les bombardements et j'ai pu voir beaucoup de morts, et beaucoup de blessés, éparpillés dans la salle de la cérémonie funéraire. Selon les témoins qui étaient là avant moi, le 2e raid a fait aussi des victimes parmi les secouristes qui sont arrivés les premiers. Car oui, le premier raid a visé la salle principale où se tenait la cérémonie, mais il y a eu un 2e bombardement, qui a frappé l'ensemble du bâtiment. »

La coalition arabe conduite par l’Arabie saoudite a nié dans un premier temps toute implication, avant de publier un communiqué dans la nuit annonçant une enquête «immédiate».

Cette attaque a été dénoncée par Washington, Téhéran, la Croix-Rouge et le coordinateur humanitaire de l’ONU pour le Yémen.

«Profondément troublés», les Etats-Unis, alliés de Ryad, ont annoncé le réexamen de leur soutien à la coalition qui avait déjà été réduit ces derniers mois.

«La coopération sécuritaire des Etats-Unis avec l’Arabie saoudite n’est pas un chèque en blanc», a affirmé Ned Price, porte-parole du Conseil de sécurité nationale à la Maison Blanche.

L’Iran, qui soutient les Houthis, a vivement réagi. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Ghasemi, «a condamné fermement les frappes» saoudiennes, les qualifiant de «crime épouvantable contre l’humanité».

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