Le général Ariel Sharon, ex-Premier ministre et ancien homme fort de la droite israélienne, est décédé samedi après-midi au terme d'un coma de huit ans.

"L'hôpital Sheba à Tel Hashomer annonce avec tristesse le décès de l'ancien Premier ministre Ariel Sharon qui a été prononcé il y a une heure", a déclaré le professeur Shlomo lors d'une conférence de presse.
La nouvelle avait été annoncée plus tôt par les services du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le fils du défunt.
 L'état de santé de Sharon, qui n'avait pas repris conscience depuis une attaque cérébrale le 4 janvier 2006, s'était détérioré depuis le 1er janvier dernier et avait empiré ces dernières heures.
Plusieurs personnalités publiques israéliennes ont rendu hommage à l'ex-Premier ministre, surnommé "le bulldozer".
    "Mon cher ami, Arik (diminutif d'Ariel) Sharon, a perdu sa dernière bataille aujourd'hui", a déploré le président Shimon Peres dans un communiqué.
    "Arik était un soldat courageux et un dirigeant audacieux qui aimait sa nation et que sa nation aimait", a-t-il ajouté.

En 1996, alors qu'il était Premier ministre d'Israël, Peres a lancé une opération baptisée les "Raisins de la colère", dans le but de contrer les forces de la Résistance libanaise.

Le massacre de Qana (ou Cana) date de la même époque. Un horrible crime de guerre, auquel ont participé des unités de l'artillerie de l'armée israélienne, contre les civils libanais, pour la plupart des enfants, dans le village de Qana.

Les frappes répétées de missiles, tirés au milieu de la nuit pendant que les victimes étaient endormies, ont réduit en miettes un immeuble de logements de quatre étages et les maisons avoisinantes, tuant et blessant plus de 200 personnes, dont de nombreux enfants.

Pour des millions de gens à travers le monde, cette atrocité incarnait l’essence même de la guerre contre le Liban, menée avec l’appui des Etats-Unis, et illustrait parfaitement sa brutalité et son inhumanité.

Israël a tout d'abord prétendu ne pas l'avoir fait exprès. Mais les enquêtes de l'ONU ont démontré, quelques mois plus tard, qu'il s'agissait d'une opération préméditée, étant donné qu'un drone israélien avait filmé le camp avant le début de l'agression.

Or, Shimon Peres a prétendu que tout avait eu lieu d'une manière responsable et logique et qu'il avait donc la conscience tranquille. Ce crime lui a pourtant valu le pseudonyme de "Bourreau de Qana".

S'ajoute à son bilan aussi long que funeste l'opération "Plomb durci", menée en 2008 contre la bande de Gaza et qui a fait des dizaines de morts, dont des femmes, des enfants et des vieillards.

C'était toujours pendant la présidence de Peres, en 2010, que le navire Mavi Marmara a été attaqué par les unités spéciales israéliennes, tuant 9 militants turcs des droits de l'homme et blessant 60 autres personnes. 

C'est à cet ogre des temps modernes que la communauté internationale, pleine de cynisme, a décerné en 1994 le Prix Nobel de la paix.

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