La réunion du Conseil de sécurité de l'Onu sur la tragédie syrienne s'est déroulée mercredi dans une ambiance de plomb, et a donné lieu à une passe d'armes glaciale entre les deux principaux protagonistes du dossier, le Russe Lavrov et l'Américain Kerry.

En Syrie, la guerre fait rage, les bombes pleuvent. A New York, le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon ouvre la séance du Conseil en évoquant une tragédie "qui jette la honte sur nous, un échec collectif qui devrait hanter tous les membres de ce Conseil". Le ton est donné. 
Autour de la table en fer à cheval ont pris place les représentants des principaux pays impliqués directement ou indirectement dans l'"enfer" syrien, selon la formule de Ban. Un conflit qui a fait plus de 300.000 morts en cinq ans et demi.

"Malheureusement, la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, qui s'y était engagée, n'a pas été capable de mettre en oeuvre" la séparation sur le terrain entre les groupes rebelles modérés et Al-Nosra, a accusé M. Lavrov.

Vendredi, M. Kerry a rencontré son homologue russe en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York mais sans résultat marquant. "Nous avons échangé des idées et nous avons fait de petites avancées", a brièvement déclaré M. Kerry.

Le chef de la diplomatie russe a mis en garde contre le danger que représente la philosophie selon laquelle «tous sont égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres».« Le monde contemporain ne doit pas être guidé par la philosophie des personnages de "La ferme des animaux", où tous sont égaux mais certains sont plus égaux que d'autres », a déclaré Sergueï Lavrov du haut de la tribune de l'Assemblée générale de l'Onu.
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