Le président Barack Obama s’est exprimé devant l'Assemblée générale des Nations unies qui débute ce mardi 20 septembre. Le président des Etats-Unis a dénoncé la montée d'un nationalisme agressif, d'un populisme grossier dans le monde entier, mais aussi, en filigrane, dans la campagne présidentielle américaine.

"Nous devons tous faire mieux, en tant que dirigeants", a exhorté mardi matin le président des Etats-Unis Barack Obama à la tribune de l'Assemblée générale des Nations Unies, au terme d'un plaidoyer pour plus de démocratie et de libertés individuelles. Arrivé en retard, au point que le président tchadien a pris la parole avant lui, Barack Obama a prononcé son dernier discours à la tribune de l'ONU en tant que président des Etats-Unis.

''Nous, dirigeants qui nous faisons les avocats de la démocratie à l'étranger, nous devrions travailler dur afin de donner un meilleur exemple chez nous.''

Il en a profité pour rappeler quelques succès engrangés durant ses huit années de mandats, de la reprise des relations diplomatiques avec Cuba à l'accord sur le nucléaire conclu avec l'Iran, en passant par l'élection démocratique d'un président en Birmanie.

Mais il reste des défis à affronter, a souligné le président américain. "Nous sommes confrontés à un choix: soit aller vers un meilleur modèle de coopération et d'intégration, soit se retirer dans un monde profondément divisé", a constaté M. Obama.

Un des défis majeurs des prochaines années sera de combler le fossé entre riches et pauvres et de faire en sorte que le capitalisme soit encadré de règles pour protéger les travailleurs. "Ceux qui ont le pouvoir l'ont utilisé pour miner la position des travailleurs", a-t-il souligné. "Il faut maîtriser les excès du capitalisme pour éviter des crises répétées" qui pourraient détruire l'économie.

Barack Obama a aussi plaidé pour des modèles de gouvernance plus transparents et qui rendent des comptes à leurs citoyens. Il a professé sa foi en les droits fondamentaux, l'Etat de droit et la démocratie.

Il a aussi plusieurs fois fait des allusions au candidat républicain à la Maison Blanche, Donald Trump, en affirmant que "le monde est trop petit pour simplement construire des murs" ou qu'"une nation entourée de murs ne fait que s'emprisonner elle-même".

Le Premier ministre Charles Michel a salué devant la presse belge le discours du président américain, centré sur des valeurs "très fortes" et universelles telles que l'Etat de droit ou la démocratie. "Ca fait du bien d'avoir un leader d'un grand pays qui affirme ce credo de manière aussi forte", a souligné M. Michel.

"Il y a une montée en puissance de ceux qui prônent la haine de l'autre, l'exclusion, des solutions simplistes à des problèmes qui sont complexes", a constaté le Premier ministre. "Il est donc difficile pour ceux qui ont une vision nuancée, une vision modérée mais réaliste, de faire entendre leur voix. C'est sans doute un des grands enjeux pour les grandes démocraties dans le monde ces prochaines années. Il ne faudrait pas que les démocraties soient sapées parce que le système démocratique, il permet la liberté d'expression, et donc aussi de dire des idioties. Certains populistes disent parfois des idioties."

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