Drame du jour: Hillary Clinton –à l'instar de Donald Trump– se trouvait à Ground Zero à New York pour la commémoration des attentats du 11-Septembre, lorsqu'elle a failli s'évanouir, et a dû quitter plus tôt que prévu le lieu des attentats. Dans la vidéo qui suit, un journaliste de la chaîne Fox News s'émeut de la situation, de la santé de la candidate démocrate à l'élection présidentielle et insiste sur le fait qu'elle a même perdu une chaussure dans la bataille. Elle a souffert, dit-il d'un «incident médical».

Clinton a par la suite annoncé qu'elle se sentait parfaitement bien, mais nombre de journaux, et y compris la presse people, ont eu le temps de s'alarmer de ce presque évanouissement. Pas très étonnant: comme l'expliquait le Washington Post le 6 septembre, la presse de droite est obsédée par la santé de la candidate. 

En termes politiques, cette maladie, et les images qui ont accompagné cette révélation dimanche, constitue, à moins de deux mois du vote, une très mauvaise nouvelle pour la candidate et son entourage. D’abord, parce qu’il faut modifier un calendrier toujours mûrement réfléchi. Dans une campagne américaine, le temps, qu’il soit passé auprès des électeurs, auprès des médias ou auprès des contributeurs financiers, est précieux, et minuté.

Mais les dommages sont encore plus manifestes en termes d’image. L’épisode apporte de l’eau au moulin de Donald Trump (70 ans) qui répète depuis des mois qu’Hillary Clinton, âgée bientôt de 69 ans, n’a pas l’énergie et la force nécessaires pour s’installer dans le bureau ovale. Les républicains ne manquent pas de rappeler que l’ancienne chef de la diplomatie avait été victime de thromboses en 1998 et 2009, ainsi que d’une commotion cérébrale suivie d’un caillot à la tête en 2012, après une chute.

Pire encore, cet épisode, et la façon dont il a été géré par le camp démocrate, justifie les attaques dénonçant la « culture du secret » des Clinton. Bill et Hillary sont en effet régulièrement accusés de ne pas tout dire aux Américains, aussi bien sur leur fortune et sur leurs relations avec les grands de ce monde, que sur leur santé. La pneumonie d’Hillary Clinton compliquera encore la tâche de la candidate démocrate, qui n’inspire qu’une confiance relative à ses compatriotes.

Hillary Clinton peut aussi décider d’abandonner après avoir gagné les élections… mais avant d’entrer à la Maison Blanche. Il existe alors deux cas prévus par la loi électorale américaine. Si la candidate juge qu’elle n’est pas apte après avoir été officiellement désignée présidente par le collège des grands électeurs, la solution est simple : le vice-président – ce serait alors Tim Kaine – deviendrait président. La situation deviendrait beaucoup plus complexe si elle se retirait entre la fin du vote populaire qui a lieu le 8 novembre et la réunion du collège des grands électeurs.

Les grands électeurs qui auront reçu le mandat pour voter en faveur d’Hillary Clinton seront alors "libre de voter pour le candidat de leur choix", d’après la loi législative américaine. En d’autres termes, ils pourront opter seulement pour quelqu’un qui s’est officiellement présenté à l’élection présidentielle : le républicain Donald Trump, le libertarien Gary Johnson ou l’écologiste Jill Stein. Impossible, pour eux, de voter pour Bernie Sanders ou Tim Kaine puisqu’aucun des deux n’est officiellement candidat pour le poste de président des États-Unis.

Ces scenarios restent cependant très hypothétiques. Le médecin d’Hillary Clinton, Lisa Bardack, a affirmé que la candidate "se remettait très bien".

Notre interview avec William Blum: 

''Trump est beaucoup moins susceptible de déclencher une guerre contre la Russie que Clinton''