Le Parlement chinois a ratifié samedi l'accord de Paris sur le climat, annonce l'agence d'Etat Xinhua. Le Comité permanent de l'Assemblée nationale populaire a entrepris cette démarche alors que le président chinois Xi Jinping et son homologue américain Barack Obama s'apprêtent à se rencontrer en marge du sommet du G20, qui s'ouvre dimanche à Hangzhou.

La Chine est le premier émetteur de gaz à effet de serre au monde avec un peu plus de 20% du total. Les Etats-Unis, second émetteur avec 17,9% des émissions globales, devraient également annonce prochainement la ratification de l'accord approuvé le 12 décembre 2015 à Paris qui vise à limiter le réchauffement climatique "bien en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels"

Pour les observateurs les plus optimistes, la décision chinoise du 3 septembre laisse espérer que le seuil nécessaire à l’application des décisions de Paris – 55 pays, représentant au moins 55 % des émissions mondiales – sera atteint avant la fin de l’année. « Cette annonce signifie que l’accord de Paris est proche de devenir réalité. La Chine veut donner une impulsion pendant ce G20 pour pousser les autres pays invités à ratifier l’accord », estime Li Shuo,conseiller en chef sur les questions climatiques de Greenpeace Chine.

« Le déclin significatif et systématique de sa consommation de charbon se confirme en 2016, pour la troisième année consécutive. La Chine ne retrouvera pas les niveaux du passé », précise-t-il pour expliquer la conversion de la première économie asiatique aux énergies pauvres en carbone. L’engagement de la Chine à Paris fin 2015 avait été obtenu à partir d’objectifs relativement conservateurs – atteindre un pic de ses émissions de CO2 d’ici à 2030.

Pour pérenniser la politique climatique engagée sous son second mandat, Barack Obama doit aller vite et devrait indiquer dans l’annonce présidentielle conjointe de Hangzhou que les Etats-Unis se joignent eux aussi à l’accord de Paris. La formulation n’est pas anodine. Pour « ratifier » le texte, le président démocrate aurait dû s’en remettre au Congrès à majorité républicaine, hostile aux mesures qu’il a engagées pour freiner le réchauffement climatique. M. Obama devrait donc faire le choix de « se joindre » à l’accord de la COP21 par une décision présidentielle.

« La ratification de la Chine et des Etats-Unis est une formidable nouvelle, réagit la ministre française de l’environnement Ségolène Royal, qui préside la COP jusqu’à Marrakech, en novembre, où la France passera le relais au Maroc.L’engagement de ces deux pays aussi importants va créer une dynamique positive qui peut entraîner le Canada, l’Australie ou l’Inde. »

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