L’Union européenne post-Brexit se dotera-t-elle d’une armée commune ? Les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie) pourraient voir dans cette vielle idée un des moyens de relancer la construction européenne. C’est un des messages qu’ils ont voulu faire passer vendredi 26 août, à l’occasion d’un sommet commun à Varsovie avec la chancelière allemande, Angela Merkel.

"Nous sommes tous d'accord (...) qu'une armée européenne n'est pas quelque chose qui va arriver de si tôt, mais ce qui peut venir bientôt si les Etats membres s'engagent, c'est une avancée en matière de défense européenne, et c'est ce qu'on a mis sur la table aujourd'hui", a lancé Mme Mogherini lors d'une conférence de presse concluant la première journée d'une réunion informelle des 28 ministres des Affaires étrangères de l'UE.

La rencontre de Varsovie était une étape supplémentaire du marathon diplomatique d’Angela Merkel en préparation du sommet européen qui se tiendra à Bratislava le 16 septembre, sans le Royaume-Uni, réunion censée être la première étape de la reconstruction de l’UE après le Brexit. « On peut faire davantage en matière de sécurité et de défense, le traité de Lisbonne nous donne beaucoup de marge de manœuvre pour initier et planifier des actions communes », a soutenu la chancelière allemande.

« Il y a de grandes attentes vis-à-vis du sommet de Bratislava, mais aussi de grandes différences de points de vue entre les Etats, a pour sa part admis M. Fico. Des espoirs déçus lors de ce sommet seraient la pire des choses. Bratislava doit être le début d’un long et profond processus de réforme l’UE. »

Traditionnellement, les Etats membres, le Royaume-Uni en tête, se montrent réticents à abandonner leur souveraineté dans le domaine. Mais les événements récents, de la crise migratoire au terrorisme international, ont apporté de l'eau au moulin de la Commission européenne et de sa vice-présidente Mme Mogherini pour promouvoir une politique commune de sécurité.

"Dans 50, 60, 100 ans, qui sait?", s'est interrogée Mme Mogherini en évoquant la possibilité d'une armée européenne.

Federica Mogherini a entamé vendredi les discussion avec les 28 sur "sa stratégie globale" pour l'action extérieure de l'UE, dont l'Italienne entend bien voir les premiers résultats opérationnels d'ici le printemps 2017.

"L'important, c'est que tous les ministres ont apprécié le projet", a-t-elle assuré, précisant que les ministres avaient "unanimement" soutenu le concept.

Le document de 32 pages insiste sur plusieurs points, notamment la création d'une solide industrie européenne de défense. Il met aussi l'accent sur la lutte contre le terrorisme ou la protection des frontières, notamment en matière de sécurité maritime.

A lire: 7 faits sur l'interdiction de burkini par la France