Mercredi 24 août avant l’aube, l’armée turque a lancé une opération en Syrie pour chasser l’organisation Etat islamique (EI) et les milices kurdes de Djarabulus, frontalière de la Turquie. Une dizaine de ses chars sont entrés en territoire syrien. Cette opération, soutenue par les forces de la coalition internationale antidjihadiste et baptisée « Bouclier de l’Euphrate », est la plus ambitieuse de la Turquie depuis le début du conflit syrien, il y a cinq ans et demi.

« Depuis 4 heures [du matin], nos forces ont lancé une opération contre les groupes terroristes de Daech [acronyme arabe de l’EI] et du PYD [Parti de l’union démocratique, kurde] », a déclaré le président turc, Recep Tayyip Erdogan, dans un discours à Ankara.

L'opération pourrait être rapide. "Je pense que cette menace sera éradiquée dans un court délai", a déclaré le ministre de l'Intérieur Efkan Ala, premier responsable turc à s'exprimer après le déclenchement de l'offensive. 

 

L'agence de presse progouvernementale Anadolu a précisé que l'opération avait commencé à 04H00 locales (01H00 GMT) et avait pour but, outre de chasser l'EI, de "renforcer la sécurité de la frontière et de préserver l'intégrité territoriale de la Syrie". En fin de matinée, les rebelles syriens soutenus par Ankara étaient entrés à 3 km à l'intérieur du territoire syrien, selon l'agence. Ils ont pris à l'EI un village à 5 km de Jarablos.  

 

La télévision NTV a indiqué qu'un petit nombre de membres des forces spéciales turques étaient entrés quelques kilomètres à l'intérieur du territoire de la Syrie pour sécuriser la zone avant l'incursion. Des F-16 turcs et des avions de la coalition ont largué des bombes sur des sites djihadistes à Jarablos, pour la première fois depuis la destruction en novembre 2015 par la chasse turque d'un avion de combat russe au-dessus de la frontière turco-syrienne, a ajouté la télévision. 

Au même moment, des centaines de rebelles syriens soutenus par Ankara se préparaient du côté turc à une offensive pour capturer Jarablos, le dernier point de passage contrôlé par l'EI à la frontière turco-syrienne, selon des sources rebelles et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

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