Le ministre allemand de l'Intérieur Thomas de Maizière a appelé vendredi, après une réunion avec ses homologues conservateurs des Länder d'Allemagne, à une interdiction partielle de la burqa, notamment lors de démarches administratives et dans les salles de cours.

"Nous sommes d'accord pour rejeter la burqa, nous sommes d'accord que nous voulons légalement introduire le principe de montrer son visage là où c'est nécessaire pour notre société: au volant, lors de procédures administratives, (...) dans les écoles et les universités, dans le service public, devant les tribunaux", a-t-il dit à l'antenne de la chaîne télévisée ZDF.

Une "mesure préventive"

Pour le ministre allemand, "la burqa n'est pas compatible avec notre pays ouvert sur le monde". Par ailleurs, Thomas de Maizière a admis que le port du voile intégral "n'était pas un gros problème en Allemagne" mais que son interdiction partielle était une "mesure préventive".

Pour l'instant, aucun calendrier n'a été fixé pour cette interdiction, car si l'idée est soutenue dans les rangs conservateurs, elle n'a pas l'adhésion des sociaux-démocrates du SPD, alliés au sein du gouvernement à la CDU de la chancelière Angela Merkel et de son ministre de l'Intérieur. 

La France a adopté depuis le 11 avril 2011 une législation allant dans ce sens en interdisant le port du voile intégral sur la voie publique. La « loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public » prévoit une amende pouvant aller jusqu’à 150 euros en cas d’infraction. La loi française entendait lutter contre « la fraude identitaire » et « la nécessité de prévenir les atteintes à la sécurité des personnes et des biens ». Le gouvernement français avait également à l’époque fait valoir qu’il s’agissait de faire respecter l’égalité entre hommes et femmes, le respect de la dignité des personnes et celui des exigences de la vie en société et du « vivre-ensemble ».

S’il n’existe pour le moment pas de loi nationale interdisant le port du voile intégral en Allemagne, certains Etats du pays ont déjà fait le choix de l’interdire partiellement. Six Länder (Bade-Wurtemberg, Basse-Saxe, Bavière, Brême, Rhénanie-du-Nord-Westphalie et Sarre) ont ainsi voté depuis 2011 une loi interdisant aux enseignantes le port de signes ostentatoires d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires publics. Les Länder de Berlin et de Hesse ont étendu ces dispositions aux personnnels de police et de justice.

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