Les inégalités relatives à l’accès aux richesses ne sautent pas aux yeux dans l’espace public de notre pays. Par contre, en Afrique du Sud, un drone a récemment mis en lumière de véritables fractures socio-spatiales visibles directement dans le tissu urbain. Prendre de la hauteur suffit donc à comprendre l’agencement des villes.

Observer des écarts de richesse entre différents pays, c’est facile. En revanche, observer physiquement ces mêmes écarts au niveau d’une ville du Sud est un peu plus compliqué, et l’utilisation d’un drone s’avère être ici salvatrice. Johnny Miller, photographe professionnel habitant au Cap (Afrique du Sud), s’est donné la mission de mettre en évidence la manière dont les territoires sont aménagés pour séparer les riches et les pauvres. Cette idée lui est venue en étant justement frappé par la manière dont sont maintenues ces inégalités.

Le photographe a donc sorti une série de clichés intitulée Unequal Scene (scène inégale) à l’aide d’un drone qui a survolé toutes les zones immortalisées. Il s’avère que les inégalités sociales sont foncièrement ancrées dans l’aménagement du territoire, matérialisées par des endroits où une zone riche et une zone pauvre se font face sans jamais se côtoyer.

« Les différences dans la manière dont les gens vivent sont parfois difficiles à voir depuis le sol. La beauté d’être capable de voler est de pouvoir observer les choses dans une perspective nouvelle, de voir les choses telles qu’elles sont réellement. En observant d’en haut depuis une hauteur de plusieurs centaines de mètres, des scènes incroyables de l’inégalité surgissent » explique Johnny Miller sur son site officiel.

Les images prises par le drone montrent clairement une énorme différence de richesse et donc de taille d’espace alloué à chaque habitation, par exemple des bidonvilles faisant face à une zone pavillonnaire. Des zones « tampon » séparent les différentes zones et sont représentées par des terrains vagues, des espaces verts (forets, marais), des chemins de fer ou encore des cimetières. Chaque fois, un élément physique fait office de barrière entre les deux zones.

L’Apartheid instauré dès 1948 par le Parti National, consistait à la ségrégation des habitants et leur répartition dans des zones géographiques (quartiers) prédéfinies selon leur origine ethnique. Cette division se fera toujours en faveur des colons occidentaux, les Boers. Pourtant, l’Apartheid a été aboli il y a 22 ans, mais les fractures socio-spatiales sont toujours visibles dans les villes sud-africaines.

Voici une partie de la série de clichés intitulée Unequal Scene :

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par: pageshalal