L'Etat islamique a de nouveau frappé en Irak, non loin de Bagdad, via une attaque suicide. L'organisation terroriste sème la terreur dans le pays, ce qui pousse certains dirigeants irakiens à la démission, face à leur impuissance à éviter les attentats.

L’organisation Etat islamique a revendiqué un nouvel attentat contre un mausolée chiite non loin de Bagdad qui a tué au moins 40 personnes. Un nouveau coup dur pour le pays après le carnage de l’explosion dans le quartier Karrada le 3 juillet dont le bilan s’élève maintenant à 292 morts.

Précédés par de tirs de mortiers, deux kamikazes ont réussi à pénétrer dans le mausolée chiite de Sayid Mohamed bin Ali al Hadi et ouvert le feu sur les fidèles présents. Il se sont ensuite fait exploser sur un marché à proximité. L’attaque aurait pu être encore plus meurtrière car un troisième djihadiste a été tué avant d’avoir pu actionner sa ceinture explosive.

L’Etat islamique montre ainsi son acharnement à attaquer les lieux de culte chiites. Le 22 février 2006, un attentat avait déjà visé un lieu similaire, le Mausolée de l’Imam chiite Ali al Hadi, père de Sayid Mohamed, dans la ville de Samarra à une vingtaine de kilomètres du lieu du nouvel attentat. L’explosion avait détruit la coupole dorée à la feuille de l’édifice abritant les tombes des onzième et douzième imams chiites.

Cette nouvelle attaque vient de pousser le chef chiite, Moktada al-Sadr à déployer ses milices autour du mausolée de Sayid Mohamed, ravivant la tension qui couve depuis des mois entre le gouvernement et une population excédée par l’inefficacité et la corruption de ses ministres. Le ministre de l’Intérieur a présenté sa démission et les principaux chefs de la sécurité ont été limogés, ce qui plonge l’Irak un peu plus dans une crise de gouvernance dont profite Daech, alors que l’organisation terroriste voit paradoxalement ses déboires s’accululer sur le terrain avec la perte de plusiers villes stratégiques, comme Falloujah, jusque-là sous le giron des islamistes.