Leur réponse ne sait pas fait attendre. Une semaine après les messages polémiques diffusés à Lorette (Loire) sur des panneaux publicitaires électriques, incitant les musulmans de la commune à jeûner « sans bruit » et à « visage découvert », une poignée d’entre eux a décidé de rompre le jeûne à la tombée de la nuit près de l’hôtel de ville, indique France Bleu. Une manière de prendre le contre-pied de la décision du maire Gérard Tardy ("Debout la France") d’interdire tout rassemblement sur la place.

« Cet arrêté a fait peur à pas mal de monde, et pourtant ce texte est illégal. On a demandé à un avocat », déplore Sonia, une des participantes, rappelant par la même que « le ramadan véhicule des valeurs d'humanité, de justice, de paix, de fraternité ». Le pique-nique ramadanesque a été encadré par plusieurs policiers qui sont resté « tout de même à l’écart, sans intervenir », note le site d’information.

Un rassemblement prohibé, donc, pour éviter de supposés désagréments et autres tapages nocturnes rapportés par les habitants de la commune. « Après le coucher du soleil, comme on a été très calme, sans nourriture, on se rattrape un petit peu, un peu excités pour certains, plus en paix pour d'autres », nuance Bouchra, membre de la Coordination contre le racisme et l’islamophobie (CRI), venue participer à la rupture du jeûne.

Peu après la diffusion, le week-end du 4 et 5 juin dernier, de messages polémiques destinés aux fidèles musulmans de Lorette, le maire s’était justifié lundi 6 juin en invoquant un « simple rappel à la loi », d’après l’AFP. « C'est une consigne, un simple rappel des lois de la République, dont je suis garant de l'application sur le territoire de ma commune », avait-il en effet avancé. Et l’élu d’ajouter : « Je suis un soldat de la République. Il faut appliquer la loi et ne pas se laisser imposer des comportements inacceptables. »

« Le moyen utilisé par le maire pour faire passer son message est disproportionné. Nous aurions préféré le voir et discuter avec les associations plutôt que d'afficher de tels propos », avait de son côté regretté Omar Belbouab, président du Conseil théologique musulman de la Loire.