Lever à 1h00 du matin pour arriver au poste de contrôle de sécurité aux alentours de 3h00. Des heures d’attente en file indienne pour pouvoir passer en Israël et travailler clandestinement avant de rejoindre à nouveau la ville occupée de West Bank. C’est le quotidien de milliers de travailleurs palestiniens tous les jours.

Avec 15% de taux de chômage dans la ville, et un salaire journalier de 25€ pour la fin 2015, selon le Bureau Central des Statistiques Palestinien, des milliers de palestiniens, jeunes et moins jeunes, traversent illégalement la frontière dans la pénombre au péril de leur vie. Ils gagnent plus du double en travaillant en Israël mais n’ont presque pas de vie. « Je ne vois pas mes enfants. Je pars travailler quand personne d’autre ne l’est et quand je rentre il est tard et je suis exténué comme un vieil homme », se plaint Atwan, un père de famille de trois enfants qui travaille comme charpentier.

Depuis les restrictions de permis de travail, après la fin de la seconde Intifada en 2005, la possibilité de travailler en Israël est devenue de plus en plus dure mais cela n’empêche pas des milliers de palestiniens de risquer leur vie et leur santé tous les matins pour nourrir leur famille.

Même ceux avec un permis de travail pour exercer ne sont pas épargnés par les difficultés. Seuls ceux avec une situation maritale et plusieurs enfants sont acceptés mais subissent les mêmes heures interminables d’attente pour rejoindre leur lieu de travail, et des conditions de déplacements terreur au ventre pour ne pas être « arrêté, blessé, tué au mauvais endroit, au mauvais moment ».