Mises à rude épreuve par les tumultes du temps présent, les passerelles de la Connaissance et de l’entre - connaissance tendent à être plus fragilisées que consolidées, sauf dans le territoire de l’Aisne où l’une d’entre elles semble s’élever remarquablement au - dessus des torrents de haine et d’outrances, reliant les villes de Beautor et de Tergnier par la même volonté de pérenniser un dialogue interreligieux, enrichissant et fructueux.

Réamorcé en janvier dernier par la communauté musulmane, lors de l’opération « portes ouvertes» contre les préjugés organisée au sein de la mosquée de Beautor, ce dialogue islamo - chrétien de qualité s’est poursuivi à Tergnier, une localité voisine, à l’occasion de la Journée de la femme, sous l’impulsion, cette fois - ci, des membres de l’Action catholique locale.

Conviées à célébrer le 8 mars 2016 à la salle de l’église, les femmes musulmanes du terroir ont volontiers répondu à l’invitation, relayée par leur mosquée, heureuses de tisser des liens et d’approfondir des échanges prometteurs sur une passerelle du vivre - ensemble dont chacune espère vivement qu’elle reposera sur des fondations solides.

«On avait envie d’aller voir et de mieux se connaître», a expliqué dans un entretien au journalL’Aisne NouvelleIsabelle Hector, chargée de la communication à la paroisse Notre - Dame - de - Thérigny, tandis que Asmahan Lazrak, conseillère municipale, s’est réjouie de la dynamique d’échange qui a été impulsée et de ses répercussions positives. «Les femmes sont très contentes qu’on s’intéresse à elles.À la suite des événements de Paris, on a dit stop! On veut savoir ce qui se passe et aller les uns vers les autres».

Autour de tables alléchantes, garnies de saveurs sucrées, une soixantaine de femmes, musulmanes et catholiques, ont conversé dans une atmosphère fraternelle et complice, abordant tous les sujets, notamment ceux qui fâchent, pour mieux dissiper les stéréotypes qui les entourent, jusqu’à se prêter à un quizz culturel ludique, composé de 14 questions ayant trait aux droits des femmes et aux libertés acquises en France, ainsi que dans le reste du monde.

«C'est très enrichissant. Il y a beaucoup de fraternité. On se connaissait de vue, maintenant on apprend à se connaître», s’est enthousiasmée une participante prénommée Monique. «On parle de tout et de rien, du foulard pour expliquer son caractère respectueux.On essaie d’expliquer que ce que l’on voit à la télé, ce n’est pas toujours vrai», lui a fait écho Siham, Fouazia insistant pour sa part: «La Terre, c’est pour tout le monde».

En ce mardi 8 mars, à Tergnier, la passerelle de la Connaissance et de l’entre - connaissance a fait bien plus que se fortifier, elle s’est embellie à la chaude lueur de la tolérance et de l’intelligence du cœur.