Une fois n ' est pas coutume! Le président US vient de reconnaître pour la première fois que les musulmans sont les principales victimes du terrorisme de Daech, et cela dans dans un contexte où les sentiments islamophobes s ' exacerbent aux Etats - Unis.

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C’est la première fois que le président des Etats - Unis admet officiellement que la plupart des victimes des terroristes de Daech sont les musulmans. Dans ses propos, il a demandé l’aide aux communautés musulmanes pour lutter contre les terroristes takfiristes de Daech, et il a souligné que la guerre contre Daech ne signifierait pas la guerre des Etats - Unis contre l’Islam.

Après l’attentat terroriste de San Bernardino en Californie qui a coûté la vie à 14 citoyens, une nouvelle vague de sentiments islamophobes s’est déferlée aux Etats - Unis. Des médias, courants et personnalités politiques accusent de nouveau les musulmans. Leur but est de suggérer que l’Islam ou les musulmans sont tous assimilables aux terroristes. Ces médias et courants politiques demandent au gouvernement américain de prendre des mesures plus sévères envers la communauté musulmane des Etats - Unis. Or, depuis deux décennies, après chaque attentat terroriste qui a lieu dans divers pays du monde, les musulmans et les oulémas sont les premiers à condamner explicitement le massacre des innocents par les organisations terroristes.

Une rétrospective des activités des organisations terroristes et des groupes extrémistes depuis une vingtaine d’années, montre comment, avant d’être une menace pour les sociétés occidentales, les organisations terroristes qui agissent au nom de l’Islam, choisissent leurs victimes dans les sociétés musulmanes. Le bilan des victimes des actes des groupes terroristes comme les talibans, Al - Qaïda, Boko Haram, Al - Shebab ou Daech est beaucoup plus élevé dans les pays musulmans que dans les sociétés occidentales. Au Moyen - Orient et en Afrique, les musulmans sont les cibles directes des attaques des groupes terroristes takfiristes, ils sont massacrés par les terroristes et leurs biens pillés. Mais ce n’est pas tout, parce que les musulmans doivent également payer le prix des attentats des terroristes en Occident, dans le cadre des mesures antiterroristes entreprises par les gouvernements occidentaux, comme les deux guerres américaines contre l’Afghanistan et l’Irak, les attaques successives des drones américains contre les pays comme le Pakistan, le Yémen, la Somalie et la Libye.

En outre, les conditions de vie des millions de citoyens musulmans dans les pays occidentaux deviennent de plus en plus difficiles.

C’est dans ce contexte que le président des Etats - Unis, Barack Obama affirme que les musulmans sont les victimes principales des actes des groupes terroristes comme Daech.

Mais il paraît que les déclarations du président Obama ne traduisent pas réellement un changement d’approche de Washington en matière de la lutte contre le terrorisme, mais un effort de l’administration démocrate pour maintenir le calme et la stabilité sociale à l’intérieur des Etats - Unis. En effet, les dirigeants américains et les responsables politiques d’autres pays occidentaux s’inquiètent que les actes des courants extrémistes et islamophobes s’intensifient, et que leurs attaques verbales et physiques contre les communautés musulmanes aggravent la situation sécuritaire dans les pays occidentaux. C’est la raison pour laquelle la plupart des dirigeants américains et européens insistent sur le fait qu’il ne faut pas faire l’amalgame entre le terrorisme et l’Islam. Il est évident que cette approche créera un obstacle devant les activités des milieux et des courants islamophobes, pourtant il faut rappeler que ce sont les politiques et les prises de positions des pays occidentaux, notamment les Etats - Unis qui, ont sciemment ou inconsciemment été l’élément principal de la montée de l’islamophobie dans le monde. Or, pour lutter convenablement contre le terrorisme et l’extrémisme, il est nécessaire, plus que jamais, que tous les pays fassent preuve d’une véritable volonté, au - delà des différences ethniques, culturelles et religieuses.