ÉRIC LE MITOUARD

DU JAMAIS - VU à la mosquée de la rue des Poissonniers(XVIIIe). Plus de 6 000 personnes sont venues à la prière de 13 heures, hier, à l’appel de leur communauté et en réaction «à la barbarie sanglante» qui a frappé Paris le 13 novembre. «Au nom de toute la communauté des musulmans, je condamne avec la plus grande fermeté ces actes terroristes et je condamne tous les amalgames qui pourraient en découler contre les musulmans», a déclaré l’imam Sid Ali.

«Nous représentons l’islam de la paix»

A la sortie de la prière, jeunes et vieux, Marocains, Tunisiens, Maliens expriment tous la même crainte des amalgames. «Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac. Ces barbares n’appartiennent pas à la communauté musulmane», lance Jonathan, étudiant en école de commerce.

[caption id = " attachment _ 31916 " align = " alignnone " width = " 430 "]Rue des Poissonniers(XVIIIe), hier. L’ensemble des représentants du culte musulman de la mosquée ont appelé à la résistance contre le terrorisme.(LP / E. L. M.)[/ caption]

Au cours d’une réunion qui a rassemblé tous les représentants de la communauté auprès de d’Eric Le joindre, maire(PS) du XVIIIe, le ton était aussi très ferme. «Ici, nous représentons l’islam de la paix. Nous sommes des citoyens comme les autres et nous voulons défendre les valeurs de la République.

Nous n’allons pas nous mettre à genoux devant ces criminels et ces barbares», affirme d’une voix forte Abderrahmane Dahmane, conseiller de la mosquée. «Nous sommes doublement touchés, en tant que Français et en tant que musulmans», ajoute un autre intervenant.

Et de poursuivre: «Certains de nos jeunes ont peur de se proclamer musulmans dans les rues. C’est aux politiques de nous protéger.» Eric Le joindre s’est voulu rassurant: «Tout ce qui fait la diversité de Paris est représenté dans le XVIIIe.

Les musulmans n’ont pas à être inquiets. Nous menons un combat commun.» Dans la foule compacte qui quitte l’enceinte de la mosquée, Rachid, 45 ans, se montre optimiste. «En ce moment, les Français prennent conscience qu’il y a une différence entre les bons musulmans et les extrémistes», veut - il croire.