Par: Yahia Gouasmi

La tragédie du 13 novembre a, en plus d’endeuiller la nation, ravivé les flammes de l’islamophobie. Elle a assimilé islam et Daesh, stigmatisant davantage les populations musulmanes françaises, placées désormais entre le marteau des terroristes et l’enclume des racistes islamophobes.

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Le discours officiel semble refuser cet amalgame entre musulmans et terroristes:

est - ce par calculs électoralistes, à la veille de plusieurs élections?

Ou est - ce que certains hauts responsables sont conscients que la France ne se relèverait pas d’une guerre civile contre sa population musulmane, la plus importante d’Europe?

Dans les médias, le mot «islam» n’est presque plus utilisé quand on fait références aux attentats, et l’expression «Etat islamique» laisse maintenant la place à «Daesh» afin d’éviter la confusion avec l’islam ou les musulmans.

On emprunte désormais des voies plus sinueuses pour évoquer le sujet(perquisitions de mosquées, adorateurs d’Allah etc. …) et les islamophobes pathologiques que nous avons l’habitude de voir polluer nos écrans à longueur d’années, semblent actuellement aux abonnés absents…

Ne nous y trompons pas, il y a derrière cela, la volonté de placer les musulmans de France devant deux choix possibles, deux visions de l’islam: la vision telle que la conçoivent les terroristes de Daesh, rétrograde et sanguinaire, ou la vision d’un islam laïque, éclairé et libéral dont les médias sionistes font la promotion.

Ainsi, la stratégie des ennemis de l’islam est claire: créer un front contre l’islam authentique moyennant une promotion de la laïcisation des musulmans, afin de les amener vers une religion vidée de sa substance et de ses valeurs, et qui serait parfaitement compatible avec une société entièrement vouée au culte de l’argent et du plaisir.

Nous refusons ce choix et optons pour l’islam authentique, celui de la défense de la justice et des opprimés, celui de la quête d’amour et de vérité, celui de l’élévation de l’être humain et non pas de son avilissement et de son rabaissement au rang d’animal.

Nous ne désirons ni une religion monstrueuse telle que prônée par Daesh et consorts, ni une religion folklorique et matérialiste compatible avec le monde occidental néo - libéral, mais un islam de spiritualité et de valeurs, ne pouvant qu’enrichir toute société dans laquelle il se développe.

Il faut bien garder à l’esprit que ce ne sont guère les musulmans de France qui sont coupables de cette situation catastrophique dans laquelle est placé notre pays, et il est temps d’ouvrir les yeux sur les véritables responsables, au - delà des simples exécutants fanatisés de Daesh.

En effet, sous les deux derniers présidents, notre pays a vu sa politique étrangère effectuer un virage à 180 degrés, passant d’une politique plutôt indépendante et équilibrée, à un alignement absolu sur les intérêts stratégiques américano - sionistes, dont notre peuple fait aujourd’hui les frais.

Cette politique criminelle, consistant à combattre le terrorisme d’une main tout en le soutenant de l’autre en lui fournissant financement, armes et matériel, a été menée tant par la droite que par la gauche, qui se partagent les responsabilités de ce désastre.

Sur le plan intérieur, pourquoi avons - nous laissé se développer cette idéologie takfiriste?

Pourquoi la décision de nettoyer les mosquées salafistes n’est - elle prise que maintenant?

Pourquoi avons - nous laissé ces jeunes français tomber dans les bras du terrorisme aveugle?

Pourtant, tout le monde avait bien conscience que les inégalités sociales, l’abandon de la jeunesse musulmane à son sort, l’absence de perspectives et la rupture de confiance envers l’Etat, constituaient le terreau sur lequel prospérait l’idéologie de Daesh.