Par: Karim MOHSEN

Les attentats souvent meurtriers de ces dernières années ne sont - ils pas, sous leur aspect spectaculaire, la partie perceptible d ' une guerre invisible, qui se livre par groupes jihadistes interposés?

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Le postulat n ' est pas aussi absurde que cela puisse paraître, si l ' on excipe du fait que ces guerres voulues ou provoquées, entrent de plein - pied, dans des stratégies de maintien de certaines régions du monde, dans de perpétuels affrontements, qui ne permettent pas leur développement intrinsèque, tout en entretenant leur retard - souvent incommensurable - aux plans économique, social et politique.

Ce qui est vrai pour le Monde arabe visé par les troubles. Ces tensions sont, donc, entretenues, pour des raisons géopolitiques évidentes. Ce que les experts qualifient de guerres de basse et moyenne intensité, des guerres contrôlées et maîtrisables, alimentées par des puissances, dont les intérêts économiques et militaires militent pour la prolongation de tels conflits, qui, tout en reconduisant indéfiniment un abcès de fixation, permettent aux complexes militaro - industriels d ' écouler leurs productions et de continuer d ' exister.

En fait, les armes, y compris, les plus sophistiquées, se vendent, carrément, à la criée, dans certains lieux et régions. Ainsi, des groupes terroristes, comme Al - Qaïda et le tout nouveau venu autoproclamé «Etat islamique»,(EI / Daech), imposent une terreur atypique, qui - est - ce un paradoxe? - remplace le terrorisme d ' Etat des grandes puissances, capables des plus vils forfaits, afin de parvenir à leurs fins ou maintenir leur ascendant politique, économique et militaire sur les pays et les peuples.

La fin de la Guerre froide, tout en mettant un terme à l ' affrontement,(indirect), des deux superpuissances de l ' époque,(les Etats - Unis et l ' Union soviétique[aujourd ' hui disparue]), qui maintenaient, à son plus haut niveau, la machine de guerre - qui écrasait, par ailleurs, les peuples - a créé un vide, qu ' il fallait, absolument, combler, au risque de voir s ' asphyxier la manne, qui permettait, singulièrement, aux Etats - Unis, d ' asseoir leur hégémonie sur le monde.

Il fallait, donc, recréer la fameuse «red scare» ou «peur du rouge»,(communisme), avec sa chasse aux sorcières, aux Etats - Unis, et l ' équilibre de la terreur,(atomique), qui justifia tous les crimes de l ' Occident, en général, des Etats - Unis, en particulier. Faut - il, dès lors, s ' étonner de l ' avènement - dès 1990, et l ' effondrement du bloc soviétique - de la «green scare»,(peur verte, islamiste), créée de toute pièce, dans les laboratoires de la CIA, notamment?

Au lendemain, donc, de la chute du communisme, apparut un autre ennemi, sous la forme de la nébuleuse islamiste, «Al - Qaïda», qui servit de couverture, notamment, aux attentats anti - américains de septembre 2001. Tous les experts en urbanisme sont, désormais, d ' accord, pour dire que la destruction des Tours jumelles de New York est par trop sophistiquée, pour avoir été l ' oeuvre d ' Al - Qaïda et de l ' ermite,(Oussama) Ben Laden, qui, nous dit - on, vivait dans des grottes reculées des montagnes de l ' Afghanistan.

Les attentats de New York correspondaient, en fait, on ne pouvait mieux, à la stratégie de tension, utilisée par les Etats - Unis, soit pour faire adopter des lois répressives,(ce qui a été le cas avec l ' adoption d ' une loi anti - terroriste «Patriot Act» «Uniting and Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism Act»), soit pour contraindre les Américains à accepter l ' entrée de leur pays en guerre,(cf; Pearl Harbor, quoique sachant l ' imminence d ' une attaque japonaise, les Etats - Unis ont laissé faire, pour justifier leur entrée en guerre, en 1941). De fait, les Etats - Unis sont spécialisés, dans ce genre de méfaits, qui se sont multipliés, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Celle - ci a été, immédiatement, prolongée, par ce qui était connue sous le vocable de «Guerre froide», jusqu ' à la disparition du bloc soviétique. Ainsi, ces stratégies de la tension sont devenues un des éléments clés que l ' Occident a mis à profit, pour le maintien de situations tendues, au plan diplomatique. Plusieurs opérations ont été menées, pour atteindre ce but. L ' une de ces opérations, les plus macabres, a été, au début des années 1950, l ' «Opération Glavio», qui recommandait «(…) d ' attaquer des civils, les gens, femmes, enfants, des personnes innocentes, inconnues et étrangères à tout jeu politique».

Il fallait forcer le public à se tourner vers l ' État, pour demander plus de sécurité. Cette opération était supervisée par l ' OTAN, sous l ' égide de la CIA et du MI6,(service secret britannique), pour «parer à une menace soviétique». Cela étant, il convient de replacer l ' apparition d ' Al - Qaïda et de Daech, dans le contexte de cette stratégie de la tension, qui donne à ses commanditaires de faire souffler le chaud et le froid.

Dès lors, les dires de l ' espion américain, Edward Snowden, acquièrent du sens, quand il révéla que les services secrets de trois pays - les États - Unis, la Grande - Bretagne et Israël - ont collaboré, ensemble, afin de créer une organisation terroriste, capable d ' attirer tous les extrémistes du monde vers un seul endroit, selon une stratégie, baptisée «le nid des frelons». Ce «nid de frelons» est, désormais, opérationnel, et il le montre. Alors qu ' est - ce qu ' on nous cache?