La nostalgie fiévreuse que Zemmour traîne partout où il passe, jusqu’en Italie, dans les colonnes du journalCorriere della Serra,non pas comme une âme en peine, mais comme un redoutable propagandiste de l’islamophobie et de la théorie raciste et fumeuse du «grand remplacement», s’est attirée les foudres des juges devant lesquels ce dernier a comparu vendredi.

***

Point de circonstances atténuantes pour ce sombre polémiste de salon contre lequel le parquet de Paris, outré par sa logorrhée verbale nauséeuse distillée en italien en octobre 2014, a requis une peine de 10 000 euros d’amende pour provocation à la haine envers les musulmans.

Il faut dire que cet oiseau de mauvais augure s’était employé à prédire le pire dans des termes qui font froid dans le dos: les musulmans « ont leur code civil, c’est le Coran», ils «vivent entre eux, dans les banlieues. Les Français ont été obligés de s’en aller[…] Je pense que nous nous dirigeons vers le chaos. Cette situation de peuple dans le peuple, des musulmans dans le peuple français, nous conduira au chaos et à la guerre civile.» Et d’ajouter: «Des millions de personnes vivent ici, en France, mais ne veulent pas vivre à la française».

Recroquevillé dans son nationalisme raciste, fulminant et plein de morgue, Zemmour ressort tout rabougri d’un prétoire qui n’a pas applaudi à ses propos infâmes et hautement répréhensibles, contrairement aux médias, notamment le service public de l ' audiovisuel, qui lui ont offert et lui offrent toujours une tribune inespérée pour les proférer en toute liberté et impunité.

Ainsi, dans son réquisitoire, la procureur Annabelle Philippe a estimé que ces propos «stigmatisants», «sans nuance», visent «l’ensemble de la communauté musulmane». Les propos du polémiste, «récidiviste», a souligné la magistrate, ont «pour objet principal d’opposer les musulmans et les Français».