Il est vrai que les relations russo - israéliennes ont connu des progrès considérables, depuis les années 60 et 70, à l ' époque où l’ex - URSS fournissait des armes au monde arabe et voyait en le conflit israélo - arabe, un autre front de la guerre froide; Israël regarde toutefois d’un œil dubitatif les objectifs de Moscou dans la région…

***

Pourtant, les deux parties ont d’importantes questions à discuter: parmi d’autres l’intervention russe dans le monde arabe, en utilisant des dizaines de chasseurs Soukhoï dans le nord de la Syrie, sans oublier des systèmes anti - aériens et des centaines de soldats, ce qui a déjà fait basculer les équations. Les frappes aériennes russes contre les rebelles peuvent mettre en danger les priorités stratégiques d’Israël en Syrie et adoucir les lignes rouges tracées par Israël pour plusieurs acteurs des conflits en Syrie. En tout cas, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu ne s’est pas encore exprimé sur l’intervention russe en Syrie; il s’est même gardé de prendre une position critique semblable à celle des Etats - Unis ou de l’OTAN vis - à - vis des démarches militaires russes en Syrie. Netanyahu a laissé suggérer qu’il ne souhaitait pas voir les deux parties revenir à l’époque d’hostilité et de confrontation!! Il n’a pas toutefois oublié d’indiquer qu’Israël agirait «si quelqu’un veut utiliser le sol syrien pour faire parvenir des armes atomiques au Hezbollah». Tout cela ne signifie pas, néanmoins, qu’Israël a opté pour une position ambivalente envers l’intervention russe en Syrie. Tel - Aviv a annoncé que deux facteurs pourraient inciter ce régime à intervenir dans la guerre en Syrie: si la souveraineté de ce régime serait mise en danger en raison des attaques menées depuis l’intérieur de la Syrie, d’une part et de l’autre, s’il constate des agissements dans le sens de la livraison des armes sophistiqués au Hezbollah libanais. Il ne semble pas pourtant qu’Israël procède à une intervention en Syrie car il craint que les forces du Hezbollah ou les forces d’Assad soient mises par les Ruses au courant de leur intention avant même qu’il ne lance une attaque. Or, le meilleur scénario est, pour Netanyahu, la poursuite de la guerre d’usure qui occupe, d’ailleurs, les ennemis d’Israël dans une confrontation les uns contre les autres. Nombreux sont les analystes militaires israéliens qui estiment que les frappes aériennes russes sont beaucoup plus audacieuses par rapport aux raids aériens de la coalition dirigée par les Etats - Unis. En tout état de cause, Israël ne semble pas s’inquiéter dans la mesure où les Russes aident seulement Assad à stabiliser ses lignes militaires. Mais si la coopération Russie / Iran se renforce, se transformant en une contre - attaque qui permettrait au gouvernement Assad de reprendre le contrôle d’importantes zones occupées par les terroristes, une évolution surgira, une évolution qu’Israël ne pourrait pas négliger si simplement.