Etats-Unis – À treize heures cet après-midi, le drapeau palestinien sera hissé au devant de l’institution internationale de l’ONU, à New-York. Le drapeau tricolore prendra sa place aux côtés des cent quatre vingt trois autres Etats membres, bien que la Palestine soit considérée comme un Etat non membre, comme l’est le Vatican. Si cet événement ne concerne pas de décisions politiques en terre palestinienne, il n’en reste pas moins un fait intensément symbolique, possible étape vers plus d’indépendance pour ce peuple pris en porte-à-faux depuis des décennies. Pourtant, cette perspective d’évolution semble grandement éloignée de la réalité qui surplombe cette zone géographique. En témoignent les nombreuses offensives sur l’esplanade de la mosquée al-Aqsa. Depuis plusieurs semaines, nous assistons à des attaques sur civils de la part des soldats de l’armée israélienne. Des peines de prison sont distribuées sur base de justificatifs pour le moins douteux et des individus, femmes et enfants compris, sont régulièrement admis en hospitalisation. Dans une tribune publiée à l’occasion de l’installation du drapeau palestinien à l’ONU, le président Mahmoud Abbas s’est exprimé : « Ce sera un jour d’émotion et de fierté. Nous allons hisser notre drapeau dans un geste pacifique qui rappellera à tous que la justice et l’indépendance sont possibles au bout du chemin. » « Our moment of hope », soit « notre moment d’espoir » est le titre donné à cette lettre ouverte. Mais ce titre gentillet n’épargne pas ses lecteurs d’une réalité exprimée par Mahmoud Abas : « Les Nations Unies doivent nous donner plus que de l’espoir », souligne-t-il. Il a insisté sur l’exigence de plus d’indépendance pour cette situation géopolitique, « la plus vieille et insoluble depuis la naissance de l’ONU il y a 70 ans ». Le président Abbas assistera au lever du drapeau après avoir prononcé son discours devant l’Assemblée Générale au cours duquel il prévoit d’appeler à une mobilisation mondiale autour de la question palestinienne. AJIB