L’Arabie Saoudite vient d’obtenir la nomination de Faisal bin Hassan Trad, représentant permanent de l’Arabie saoudite auprès de l’ONUà Genève, à la tête du panel du conseil des droits de l’homme de l’ONU.

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Au mois de mai dernier, plusieurs sources indiquaient que l’Arabie saoudite faisait le forcing pour obtenir une nomination de l’homme de Ryad en tant que Président du conseil des droits de l’Homme.

Comme le hasard fait bien les choses, Ryad recrutait dans le même temps de nouveaux bourreaux pour décapiter ou amputer les condamnés dont le nombre augmente chaque année au pays.

La chose est un scandale à plusieurs niveaux, tant par la nomination elle - même que par la méthode employée et la faiblesse de l’institution qui a pu laisser une telle chose se faire.

C’est l’organisation l’ONG UN Watch qui a révélé que, devant le risque de tollé face à une nomination à la tête du conseil des droits de l’homme, le choix de la direction du panel du conseil des droits de l’homme avait très certainement été négocié discrètement en échange du retrait de la candidature au poste de direction du conseil lui - même…

Le rôle que vient d’obtenir l’Arabie saoudite avec ce poste est pourtant particulièrement important puisque Faisal bin hassan Trad sera désormais à la tête du groupe qui va nommer les rapporteurs spéciaux, qui sont ceux qui rapportent et signalent les atteintes aux droits de l’homme!

La décision est tellement honteuse qu’elle avait été prise en juin dans le plus strict anonymat…

Fidèle à sa tradition, le pays a fait le choix de s’acheter ce qui le dérange ou pourrait lui nuire, minant au passage la crédibilité du conseil des droits de l’homme dont le travail sera entaché de façon indélébile pendant les années où ce poste clef sera tenu par l’Arabie saoudite.

L’Arabie saoudite, figure, selon Amnesty International, parmi les cinq pays au monde qui exécutent le plus de personnes.

Voilà qui va sûrement donner un peu plus de latitude à un pays qui décapite, fouette et brime ouvertement la plupart des libertés individuelles.

Il va falloir beaucoup d’arguments pour soutenir aux radicaux extrémistes de toutes origines que les pays démocratiques se comportent mieux que certains groupes extrémistes et que nos institutions sont des modèles de démocratie et de respect des droits de l’homme.

À la mi juin dernier, l’Arabie saoudite a exécuté son 100e condamné!