PARIS(Reuters) - © Thomson Reuters 2015

Il ne faut pas attendre le départ ou même des " excuses " de Bachar al Assad pour entamer des négociations avec l ' opposition et des membres du régime sur l ' avenir de la Syrie, estime le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

La France a récemment infléchi sa position quant au sort du président syrien, qui entrave l ' action diplomatique en raison de désaccords entre la Russie et l ' Iran d ' une part, les Occidentaux d ' autre part sur son maintien, ou pas, à la tête du pays.

Alors que Paris a longtemps fait du départ de Bachar al Assad un préalable, on y parle désormais d ' un départ à un moment du processus, ce que confirment ouvertement les propos de Laurent Fabius dans un entretien au Figaro à paraître mardi.

" Toute discussion est vouée à l ' échec si l ' on dit: ' Quoi qu ' il arrive, le futur de la Syrie, ce sera Bachar al Assad '. Mais si on exige, avant même que la négociation commence, qu ' Assad présente ses excuses, on n ' avancera pas non plus ", dit le chef de la diplomatie française.

Laurent Fabius rappelle en outre que la France sait nécessaire de " conserver l ' armée et d ' autres piliers de l ' Etat " pour éviter un effondrement de la Syrie, où elle a engagé récemment son aviation, comme d ' autres pays, pour cibler des positions de l ' Etat islamique.

" La négociation doit aborder ces aspects: il faut à la fois des éléments de la Syrie et des membres de l ' opposition qui refusent le terrorisme ", ajoute - t - il, après avoir rappelé que le président syrien porte " une responsabilité écrasante " dans le bilan de la guerre - quelque 240.000 morts et des millions de déplacés.

" Penser qu ' on pourrait obtenir l ' unité de la Syrie, le respect indispensable des diverses communautés en proposant comme solution le principal responsable de tant de malheurs, c ' est une illusion ", dit encore Laurent Fabius.

Lors du débat visant à informer le Parlement de l ' engagement militaire en Syrie, Manuel Valls avait rappelé qu ' une solution politique au conflit syrien devait " aller vers un accord qui tourne définitivement la page des crimes.

(Gregory Blachier)