Alors que la Commission européenne s’apprête à dévoiler des quotas de réfugiés par pays, la France devait accueillir, mercredi 9 septembre, deux cents réfugiés en provenance d’Allemagne. Dans la matinée, cinquante - trois réfugiés, partis en car de Munich la veille au soir, sont arrivés à Champagne - sur - Seine, en Seine - et - Marne. D’autres seront accueillis dans un centre d’hébergement sur l’île de loisirs de Cergy - Pontoise, dans le Val - d’Oise.

Accueillis par des volontaires de la Croix - Rouge, les réfugiés, visiblement fatigués, essentiellement des hommes seuls mais aussi deux familles et deux femmes avec des enfants, sont descendus du bus sous un soleil éclatant, avant de se diriger vers une tente où des petits déjeuners les attendaient. Quelques - uns ont adressé un « V» de la victoire aux nombreuses caméras à leur arrivée dans cette ville de 6 600 habitants au sud - est de Paris.« En Irak, la vie est dangereuse, alors nous voulons commencer une nouvelle vie ici», a expliqué Oussama, un ingénieur de 28 ans originaire de Bagdad.« Je veux rester et je veux apprendre le français.» « Nous allons les mettre à l’abri dans des locaux mis à disposition par la municipalité.(…) Nous allons les accompagner et faciliter leurs démarches administratives, permettre qu’ils obtiennent un statut de réfugié dans les deux à quatre mois», a expliqué Jean - Jacques Eledjam, président de la Croix - Rouge.

24 000 réfugiés en deux ans

Face à l’afflux d’exilés en Europe, François Hollande avait annoncé lundi que la France était prête à accueillir 24 000 réfugiés au cours des deux prochaines années. Il avait ajouté qu’au nom« du principe de solidarité», il était« prêt à accueillir», dans les prochaines semaines,« plusieurs centaines voire un millier»de réfugiés fraîchement arrivés en Allemagne. Selon la Croix - Rouge française, mille personnes venues d’Allemagne arriveront en France d’ici à vendredi. Le premier ministre, Manuel Valls, doit présider, mercredi à 14 heures à Matignon, une réunion interministérielle sur la question de l’hébergement.

Les maires divisés, les cultes appellent à l’engagement

Alors que des élus ont proposé d’héberger des réfugiés dans leurs communes, le député et maire de Roanne, Yves Nicolin(Les Républicains), et celui de Belfort, Damien Meslot(Les Républicains), ont suscité la polémique en disant souhaiter n’accueillir que des chrétiens.« On ne trie pas en fonction de la religion»,« le droit d’asile, c’est un droit universel», a répondu mardi soir Manuel Valls. Avant lui, le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, avait condamné une distinction« funeste»entre réfugiés selon l’appartenance religieuse. A la Conférence des évêques de France(CEF), on marque également son rejet de telles propositions:« Evidemment nous n’effectuons aucun tri, ça n’a pas lieu d’être et c’est contraire à l’esprit des religions», a affirmé Vincent Neymon, secrétaire général adjoint de la Conférence. Les responsables des cultes, reçus mardi par le ministre de l’intérieur, ont lancé un« appel à l’engagement de chacun».« Il faut passer de l’émotion à l’action», a insisté le président de la CEF, Mgr Pontier. Quant au Parti socialiste, il a tenu un meeting en faveur de l’accueil des réfugiés, qui a rassemblé quelques centaines de personnes au Cirque d’hiver, à Paris. Les premières minutes du rendez-vous ont été perturbées par les membres d’un collectif d’aide aux migrants. Source:LeMonde