«La solution de la crise irakienne est de le diviser en 3 Etats autonomes, un État sunnite, un chiite et un kurde», a écrit dans une note, Joe Biden, vice - président américain, qui était lors de l’évocation par l’administration républicaine de George W. Bush, de la doctrine de «remodelage du Grand Moyen - Orient», le Président de la commission de la politique étrangère du Sénat des Etats - Unis.

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Le projet du «Grand Moyen - Orient» évoqué en 2004 par Colin Powell, alors le secrétaire d’Etat américain, est basé sur 2 rapports diffusés dans les années 2002 et 2003 par le Programme de Développement des Nations Unies sur les pays arabes. Ce rapport a présenté une vue exhaustive de la situation économique, politique et culturelle du monde arabe. Le projet du «Grand Moyen - Orient»(GMO), a été présenté par Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz, Dick Cheney et Richard Perle, tous des élèves de l’école de Bruce Jackson, politicien fortuné américain. Ce projet a été élaboré selon les autorités américaines dans le but de préserver les intérêts sécuritaires des Etats - Unis et ceux de leurs alliés. American Enterprise Institute(AEI), est l’un des think tank efficaces dans la création de la rhétorique du projet du «Grand Moyen - Orient»(GMO). Dick Cheney, l’adjoint de George W, Bush, est l’un des figues de proue de cet institut. En 2004, lors de la réunion du G8(pays industrialisés et la Russie), les Etats - Unis ont officiellement présenté ce projet demandant à ces pays de l’examiner et de s’aligner sur l’administration américaine d’autant plus que Condoleezza Rice, alors secrétaire d’Etats américaine, a assimilé lors de la guerre de 30 jours entre le Liban et le régime sioniste, en 2006, «les actuelles souffrances du Liban» à «la douleur de l’accouchement d’un nouveau Moyen - Orient»(Birth Pang). Biden a évoqué un plan appelé «3ème trajectoire», selon lequel pour juguler la guerre en Irak, il faudrait utiliser le modèle de Bosnie en séparant les ethnies. Une partie importante de ce plan prévoyait, selon Biden, le retrait d’ici 2008 d’une grande partie des forces américaines de l’Irak et le maintien d’un nombre infime de forces de réaction rapide. Ce plan dépendait de la fabrication d ' un arc d ' instabilité et de violence depuis le Liban, la Palestine et la Syrie aux frontières de l’OTAN, en Afghanistan en passant par l’Irak, le golfe Persique et l’Iran. Par ce projet, les Etats - Unis ont visé la fondation culturelle et les convictions religieuses dans la région. Ils prétendent que ces pensées sont au détriment de leurs intérêts et qu’elles favorisent le terrain à la propagation du terrorisme dans la région. Du point de vue des Etats - Unis, ces pensées et convictions transformeront les gens en des combattants contre la domination des étrangers. L’Irak pourra être considéré comme la première option pour la mise en œuvre du projet du «Grand Moyen - Orient» où cette politique américaine a été en partie mise en œuvre. L’autoproclamation du Kurdistan irakien vis - à - vis du gouvernement central de ce pays et la tension entre la Région du Nord et le gouvernement central doivent être considérés comme les premiers pas franchis par les Etats - Unis vers la partition de l’Irak et la mise en œuvre du projet du " Grand Moyen - Orient ". L’échec des Etats - Unis en Irak et leur retrait humiliant de ce pays, et le mécontentement des Irakiens de la présence des Américains sous prétexte d’instaurer la démocratie ont amené les Etats - Unis à opter pour une autre solution. La création des forces Takfiries pour provoquer l’insécurité dans la région semblait être une bonne solution. En effet, les troubles, le chaos, et l’insécurité en Asie de l’Ouest et en Afrique du Nord ont été poursuivi par des groupes comme Al - Qaïda, Daech, et al - Nosra et des pays dictatoriaux arabes, ainsi que par la présence directe des Etats - Unis.