Au lendemain de l’explosion qui a frappé le centre de Bangkok, en Thaïlande, tuant au moins 20 personnes et en blessant plus de 140 autres, la police fouillait les débris à la recherche du moindre indice. Un petit engin explosif a été lancé, mardi 18 août, sur des passants depuis un pont, sans faire de blessés, mais contribuant à une atmosphère pesante qui règne sur la capitale thaï. L’incident a eu lieu près de la rivière Chao Phraya et de grands hôtels, dans une zone touristique de la capitale. La police n’a fait aucun lien immédiat avec l’attaque de la veille.

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Selon les autorités, aucune piste n’est exclue pour retrouver les auteurs de l’attaque de mardi. Si le ministère des affaires étrangères thaïlandais a jugé qu’il était« trop tôt pour déterminer les motivations potentielles ou l’identité des auteurs»de l’attentat, Prayuth Chan - ocha, premier ministre, à la tête de la junte, a pris moins de précautions, affirmant qu’« un suspect»avait été identifié grâce à des images des caméras de vidéosurveillance.

« C’est la pire attaque qui ait jamais eu lieu en Thaïlande,[car elle]ciblait directement des personnes innocentes. Ils veulent détruire notre économie, notre tourisme.[…]J’ai ordonné que les images des caméras soient vérifiées, car nous avons vu un suspect, mais ce n’était pas clair.»

Le premier ministre a tout de même déclaré devant les médias que ce suspect serait« originaire du nord - est du pays»,une façon de dire qu’il pourrait appartenir au mouvement des « chemises rouges», soutien de l’ancien gouvernement de Yingluck Shinawatra, chassé par un coup d’Etat militaire en 2014. Dans un discours télévisé, mardi, Prayuth Chan - ocha a demandé la vigilance de tous les citoyens, leur demandant de contacter les autorités en cas de comportements suspects.

« Le conflit relatif aux Ouïgours que la Thaïlande a renvoyés en Chine»a également été évoqué par la police locale devant les médias. Il y a quelques jours, la Thaïlande a en effet expulsé cent neuf Ouïgours vers la Chine. Des centaines, voire des milliers, de membres de cette minorité turcophone ont fui la Chine, où ils sont persécutés.

Tout le monde s’accorde néanmoins pour dire que l’attentat visait des« étrangers»et voulait« porter atteinte au tourisme et à l’économie»du pays. Selon un porte - parole de la police,« la bombe visait à tuer le plus de personnes possible, puisque[l’endroit]est bondé aux alentours de 18 et 19 heures».

La bombe artisanale avait été placée à l’intérieur du sanctuaire hindouiste d’Erawan, très fréquenté par les touristes asiatiques, à proximité de centres commerciaux et d’hôtels. Selon un bilan communiqué par le gouvernement, cinq victimes sont de nationalité thaï. Les autres sont deux Malaisiens, un Singapourien, deux Hong - kongais, deux Chinois. Huit corps n’ont pas encore été identifiés.

Le tourisme est l’un des rares secteurs du pays en relative bonne santé, plus d’un an après le coup d’Etat militaire. Il représente environ 10 % de l’activité de la Thaïlande, et le gouvernement espérait un nombre record de visiteurs en 2015, notamment pour asseoir sa légitimité. Quelques heures après l’attaque, le cours du baht s’effondrait, atteignant son plus bas niveau en six ans.

[caption id = " attachment _ 30353 " align = " alignnone " width = " 534 "] Selon un porte-parole de la police, « la bombe visait à tuer le plus de personnes possible, puisque [l’endroit] est bondé aux alentours de 18 et 19 heures ». PORNCHAI KITTIWONGSAKUL / AFP[/caption]