La visite de Khaled Mechaal va - t - ellel renouer avec l ' Arabie saoudite? En dépit des promesses faites par Riyad au Hamas, les analystes écartant la possibilité, pour l ' Arabie et le Hamas, de s ' unir et de se mettre, ensemble, dans le même camp.
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Le Hamas, issu des Frères musulmans palestiniens, ne pourra, en ce sens, renouer avec un régime wahhabite, qui voue, depuis longtemp, les Frères aux gémonies. Le journal " Al - Arab " revient sur cette visite. Les médias et les instances politiques ont tenté de faire de cette visite une tentative d ' intégration du camp anti - iranien, par le Hamas, une tentative que Riyad veut inscrire, dans le cadre des efforts visant à saper l ' accord nucléaire avec l ' Iran. Mais certaines voix y voient, surtout, une manoeuvre de diversion, signée Mechaal, qui cherche à se donner de l ' importance, à faire croire à la nécessité de sa présence, dans tout effort saoudien sérieux, de nature anti - Iran. Et pourtant, difficile d ' accorder à cette manoeuvre une quelconque caution de succès! S ' il est vrai que l ' Arabie ressent un réel danger, de la part d ' un Iran, reconnu comme puissance militaire, les Frères musulmans présentent, pour lui, un danger existentiel. Riyad ne cesse de dénoncer, à travers les Frères, la source même de tous les problèmes que vit le monde arabe. Pour les Saoudiens, il n ' existe, en ce sens, aucune divergence entre le danger iranien et la menace frériste, et le Hamas ne fait pas exception à la règle. Par ailleurs, l ' Arabie saoudite a trop dépensé d ' argent et d ' énergie, pour former und coaliton arabe anti - Frères, pour pouvoir la mettre, si facilement, en question; d ' autant plus que le Hamas politique fait face à de nombreuses difficultés financières, lesquelles menaceraient son ancrage politique, à Gaza. De nombreux acquis politiques de Mechaal se trouvent, d ' ailleurs, mis en cause, depuis que la crise financière secoue l ' appareil politique du Hamas. L ' erreur " syrienne " de Mechaal s ' est avérée beaucoup plus coûteuse que ne le croyait ce dernier. Anesthésié par les promesses qataries et turques, le Hamas politique a choisi de rompre avec Damas, en 2011, coupant, ainsi, des liens ombilicaux avec ses vrais soutiens, ceux - là mêmes qui l ' ont soutenu, depuis le début, à savoir l ' Iran, la Syrie et le Hezbollah. L ' ampleur de cette erreur stratégique n ' a pas tardé à se faire jour, dès l ' échec de l ' axe frériste, d ' abord, en Egypte, puis, en Syrie. Ce qui arrive au Hamas ne peut, d ' ailleurs, que réjouir Riyad et Tel - Aviv. Que le Hamas aille droit à sa perte ne va que dans l ' intérêt des anti - Frères et anti - Résistance, que sont Riyad et Tel - Aviv. Selon les agences, Mechaal aurait reçu une proposition? de la part des Saoudiens: l ' envoi de 700 combattants palestiniens, formés à la tactique du Hezbollah, pour combattre les Houthis pro - Hezbollah du Yémen, en échange 20 millions de dollars saoudiens, par mois! Les agences de presse souligneraient le refus de Mechaal de se soumettre à un tel marché. Pour être, constamment, attiré par l ' appât du gain, Mechaal n ' est pas un amateur. La seule source, dont elle peut attendre un planche de salut, c ' est l ' axe de la Résistance. Une erreur " yéménite " finira par rompre tout contact entre cet axe et le Hamas.