Après la récente réunion du Conseil de la sécurité nationale turc, ayant pour thème «La Syrie», que va faire la Turquie?
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Les bases militaires de la Turquie, situées, à la frontière turco - syrienne, sont en état d’alerte; les chasseurs de l’aviation turque, équipés d ' appareils sophistiqués, sont prêts à décoller, le Conseil de la sécurité nationale de la Turquie a ordonné l’acheminement de 18.000 forces, au Nord de la Syrie, et le Président Erdogan veut la mise en place d’une zone tampon, tout au long de la frontière Turquie - Syrie, afin de faire face aux combattants kurdes syriens et au groupe terroriste Daech, telles sont les évolutions qui témoignent de la volonté d’Ankara d’intervenir, militairement, en Syrie. Reste à savoir quel est l’objectif de ces dispositifs sécuritaires mis en place par responsables turcs. Le Conseil de la sécurité nationale de la Turquie a annoncé, dans son dernier communiqué, que de nouveaux dispositifs de sécurité visaient à garantir la sécurité de la nation turque et à lutter contre les terroristes. Auparavant, le Président turc, Recep Tayyip Erdogan, s’était adressé à la communauté mondiale, en ces termes: «Nous ne permettrons jamais la création d’un gouvernement kurde, sur les frontières de l’Est de la Turquie». Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, avait, déjà, mis en garde contre toute éventuelle agression des groupes terroristes, en provenance de la Syrie et de l’Irak, contre les frontières de son pays. Pour d’aucun, le gouvernement turc craint la formation d’un Etat kurde, en Syrie, car les zones de peuplement kurde, en Turquie, pourront s’inspirer de cet événement. Par ailleurs, la progression des forces kurdes, dans le Nord de la Syrie, et la prise de contrôle de la ville de Tall Abyad, située près de la frontière turque, ne plaisent, nullement, à Ankara. Le sentiment d’inquiétude qu’éprouvent les dirigeants turcs se sont, clairement, manifestés, lors de la récente réunion du Conseil de la sécurité nationale de la Turquie. Ankara, se lancera - t - il dans une guerre totale contre la Syrie? Et cela, alors que le processus compliqué de la formation d’un gouvernement d’Union nationale est en cours, en Turquie. En outre, les partis d’opposition durcissent le ton contre toute ingérence militaire d’Ankara, en Syrie, et les soutiens manifestes et cachés du gouvernement Erdogan aux terroristes actifs en Syrie. A l’intérieur de la Turquie, il existe, également, des parties et des milieux, qui s’opposent à l’ingérence d’Ankara, en Syrie. A titre d’exemple, le chef d’état - major de l’armée turque a menacé de démissionner, au cas où Ankara voudrait attaquer la Syrie. Par ailleurs, la non - formation d’un gouvernement d’Union nationale, en Turquie, a conduit à l’instabilité politique et économique, dans ce pays, et cela, dans une conjoncture où l’âge d ' or de son épanouissement économique est bien loin. Cela dit, les observateurs politiques qualifient d’inappropriée, la situation de la Turquie, pour une ingérence militaire, en Syrie. En outre, tout aventurisme de la Turquie, en Syrie, risquerait d’affaiblir la position de l’AKP.