La scène politique où se trouvent l ' Irak et la Syrie est la même, il ne faut, donc, pas les étudier séparément! C ' est la scène des plus importants défis de la diplomatie de l ' Iran avec une puissance militaire et économique considérable, certains groupes sont arrivés à s ' emparer de la moitié du sol irakien et du sol syrien, se créant une autorité politique, allant plus loin, en menaçant même les capitales de ces deux pays.
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Sous divers noms, ces groupes cherchent presque un même objectif, depuis 2009: purifier de grandes régions de la présence du pouvoir central et créer, ainsi, pratiquement, une nouvelle zone, avec les particularités communes entre l ' Irak et la Syrie. Tout semblait si naturel, jusqu ' à l ' année dernière, où d ' importantes villes d ' Irak, telles que Mossoul, Al - Anbar et Tikrit, sont, tout simplement, tombées entre les mains de Daech. Cette partition de l ' Irak a, aussitôt, préoccupé les responsables politiques du pays, tandis que les Etats - Unis, qui étaient, eux - mêmes, un simple témoin des développements, en Irak, et qui suivaient leur programme de départ d ' Irak,(l ' un des slogans électoraux d ' Obama), se sont, soudain, vus confrontés à l ' éventualité de la chute d ' Erbil du Kurdistan irakien. Avec la décapitation de quelques Américains et Britanniques, par le groupe terroriste Daech, la politique intérieure américaine s ' est focalisée sur la lutte contre ce groupe, le considérant loin de toute affaire de politique extérieure. Or, les hommes politiques et les responsables militaires américains ont commencé à opter, pour des projets visant à affaiblir et éliminer ce groupe. En Syrie, la situation reste, toutefois, tendue, tandis que M. Assad, ayant pu arriver à un équilibre des rapports de force, dans la sauvegarde du territoire syrien, a fait organiser des élections, dans toutes les régions, sous contrôle du gouvernement, et formé, ensuite, son gouvernement, ayant été réélu, avec les suffrages massifs du peuple. La réalité est pourtant tout autre, sur les terres de l ' Irak et de la Syrie: Bagdad et Damas ne dominent qu ' une petite partie des territoires irakien et syrien. Les gouvernements disposent de moyens très restreints, pour lutter contre les groupes terroristes, tandis que, du côté des politiciens, on ne constate aucune volonté de retourner aux frontières perdues. Le point regrettable à noter est que, dans de telles guerres d ' usure, ce sont, en fait, les gouvernements, qui perdent leur puissance et leur pouvoir, alors que les groupes rebelles restent à l ' abri des problèmes, d ' autant plus que ces groupes sont aidés et assistés, par l ' Arabie et le Qatar. En Syrie, le fait de recruter des femmes, dans les postes d ' inspection, montre qu ' il existe moins d ' hommes, pour les fronts de combat. Par ailleurs, le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, a parlé, dans son récent rapport du 17 juin, de l ' entraînement militaire, en Irak, alors que le gouvernement n ' est pas en mesure de recruter des soldats.
Par aileurs, aucun rapport n ' existe, encore, évoquant la diminution du nombre des éléments de Daech ou du front Al - Nosra. Les Etats - Unis prétendent avoir tué, depuis l ' été dernier, jusqu ' à présent, 12.000 de ses terroristes, ce qui semble incroyable, lorsqu ' on constate le pouvoir militaire et les heurts, qui sont toujours en cours, sur les deux fronts. Dans la foulée, les Kurdes syriens sont arrivés, avec l ' aide des Etats - Unis, à reprendre aux Daechistes quelques régions, déjà, investies par ce groupe, affaiblissant, en quelque sorte, ce groupe terroriste. Il semble qu ' avec l ' avancée des Kurdes, les communications entre la Turquie et la Syrie seront, définitivement, interrompues, dans plusieurs endroits. Les analystes estiment qu ' il ne fallait pas traiter l ' Irak et la Syrie sur le même pied d ' égalité! Ils n ' ont plus leur géographie ancienne. En outre, la zone tampon entre Damas et Bagdad, recréée comme un troisième pays ou comme une région, sous contrôle de l ' ONU, en tant que zone instable. Il y a, aussi, le risque de la formation d ' un nouveau gouvernement auto - proclamé kurde, dans le Nord de la Syrie. Et, pourtant, dans n ' importe lequel de ces cas, la situation ne retournera jamais à celle d ' il y a 6,7 années. Et pour comble, Israël, en tant que plus sensible voisin de cette scène de conflits, doit défendre, logiquement, la poursuite des conflits, jusqu ' au démembrement final de ces pays.
Or, dans sa politique extérieure, la RII a, toujours, fait une distinction entre ces scènes d ' opération. Elle combat les groupes takfiris, qui ne pensent qu ' à assassiner les Chiites, via sa coopération avec le gouvernement syrien et l ' envoi de conseillers militaires. En Irak, l ' Iran a procédé au soutien au gouvernement central, dans le sens de la défense des groupes qui protègent les lieux de pèlerinage et les pèlerins. Ce n ' est, toutefois, qu ' une partie très infime des ressources humaines et matérielles de l ' Iran, qui se sont engagées, dans cette affaire. Mais quelle est la raison de ce grand soutien? La plus importante vient, certainement, du voisinage de ces deux pays. Or, la sécurité de l ' Irak et de la Syrie est considérée comme indissociable de celle de l ' Iran. Ceci dit, le gouvernement iranien voit une même scène identique, pour ces deux pays. Les responsables irakiens et syriens, eux aussi, doivent avoir une compréhension et une analyse identique des dangers qui menacent leurs souverainetés. Cette compréhension mutuelle doit, naturellement, être conforme aux politiques extérieures de la RII. Ceci dit, des mesures tripartites et des réunions successives entre les trois pays peuvent être considérées comme les priorités de cette stratégie, dans cette évolution géopolitique. Or, en optant, pour une stratégie de sortie, on peut entamer des négociations constructives, et parmi d ' autres, les solutions politiques s ' avèrent, sans aucun doute, beaucoup plus productives que les solutions militaires, en garantissant les intérêts du pays.