Par Abdel B. Atwan

Le grand auteur arabe, Abdel Bari Atwan, dans un article sur la Conférence de Genève rappelle que la crise du Yémen est en train de devenir une crise régionale. Selon le service internationale de l ' agence iranienne Tasnim, Abdel Bari Atwan, écrivain et expert du monde arabe, dans un article publié sur le site du journal Al - Ray al - Youm traite des développements yéménites et de la réunion des groupes et partis à Genève pour parler de cette crise.
Il écrit: le seul succès qu ' on peut espérer de cette conférence est le non désistement des parties et la poursuite des négocoations. Ce alors que la situation empire et les fissures entre les groupes en négociations augmentent. Le retard intentional de 24 heures de l ' avion transportant les délégations des Houthis et du parti d ' Ali Abdullah Saleh à partir de l ' aéroport de Djibouti révélent déjà des tentatives pour empêcher la participation de ces deux groupes aux négociations. " Nous ne connaissons pas encore les raisons qui ont poussé le Soudan et l ' Egypte à fermeur leur ciel à un aviononusien; il est probable que cet acte injustifié soit commis sous les pressions saoudiennes, en tout cas, après l ' intervention de Washington et du sultanat d ' Oman, Le Caire et Khartoum ont laissé l ' avion onusien traverser leur ciel ", ajoute Atwan. D ' après cet expert arabe, dans les corridors de la salle de conférence de Genève deux positions antagonistes ont été avancées et il est très difficile de les rapprocher en l ' espace de 3 jours. La première position est celle de la délégation venue de Riyad qui crie à la légitimité et dirigée par Riaz Yassine, ministre des Affaires étrangères du président(démissionaire) Abdo Rabo Mansour Hadi, insistant sur les modalités de l ' application de la résolution 2216 de l ' ONU demandant aux forces des Houthis et de Saleh de se retirer de toutes les provinces yéménites et de déposer leurs armes. la deuxième position est celle des Houthis - Saleh, dont la délégation est dirigée par Seyyed MOhammad Azobeiri qui refusent toute négociation avec mAnsour Hadi et veulent discuter directement avec Riyad de l ' arrêt des attaques contre le Yémen. Accepter la première position(celle de Hadi) semble très difficile car, sur le terrain, il n ' y a pas une présence effective des forces de cette faction et en effet, aucun groupe ne peut remplir le vide politique et sécuritaire que suscitera l ' application d ' une telle clause. idem pour le désarmement: à qui doit - on donner ces armes et à quelles conditions? Le retrait et le désarmement doivent se faire selon un accord politique entre les parties bien définies et selon des mécanismes prévus. La même chose se pose pour la coalition Houthis - Saleh sur l ' arrêt des raids et les Houthis estiment que la délégation venue de Riyad n ' a aucun pouvoir. royad ne peut pas entrer en négociation comme une partie du conflit et cherche à tout prix d ' insinuer que le problème est inter - yéménite, et ce alors que l ' Arabie saoudite ne renonnaît ni Saleh ni les Houthis et ne les a pas invités à la conférence de Riyad. la seule solution que connaît Riyad est le recours aux bombardements jusqu ' à la reddition totale de ces derniers. Malgré ce manque de flexibilité dont font preuve les deux parties et leur refus de s ' asseoir sur une table, on peut caresser l ' espoir de les voir accepter un cessez - le feu de 2 semaines afin d ' acheminer des aides urgentes à 25 millions de Yéménites qui vivent dans de pénibles conditions. plus loin dans son article, Atwan écrit: la crise yéménite est rapidement en train de se transformer en une crise régionale qui elle aussi, peut s ' enflammer. Le fait que Hossein Amir Abdollahian, vice - ministre iranien des Affaires étrangères a quitté la salle de conférence de l ' OCI à Djeddah lors du discours de Mansour Hadi en est bien le signe. Le message est clair et la position de Abdollahian converge avec celle de la coalition Houthis - Saleh. Il voulait transmettre un message clair à l ' Arabie saoudite et à la communauté internationale comme quoi l ' Iran ne reconnait pas Mansour Hadi et qu ' il poursuivrait de soutenir la coalition Houthi - Saleh. Le peuple yéménite est actuellement privé de ses besoins de première nécessité comme l ' eau, l ' électricité, les médicaments et même la nourriture en raison du blocus aérien. Ce alors que les menaces des raids pèsent toujours et ce défi se multiplie même au mois de Ramadan. Il faut donc que toutes les parties se mettent d ' accord sur un cessez - le - feu et autorisent les groupes humanitaires d ' acheminer des aides aux Yéménites.