Par: Samah Jabr
Sur mon chemin vers la vieille ville de Beitolmoghadas, depuis mon quartier de Shufat, fin avril, j’ai constaté que la jonction de la Colline Française avait été fermée, et qu’il y avait des pneus en feu, des grenades de gaz lacrymogène et des ambulances tout autour.
Mais, cette fois, ce n’était pas la jeunesse de Shufat, qui s’était rebellée - comme elle l’a fait, l’année dernière, après que le jeune Muhammad Abu Khdeir eut été brûlé vif. Cette fois, c’était les Juifs éthiopiens, qui protestaient contre le racisme israélien envers leur propre communauté. Des milliers d’entre eux étaient descendus dans les rues de Jérusalem et de Tel - Aviv, pour exprimer une colère, qui se répandait, comme un feu de forêt, allumée par l’enregistrement vidéo de deux policiers israéliens blancs, tabassant un soldat éthiopien - israélien, dans son uniforme. Pendant la cérémonie commémorative marquant la mort d’approximativement, 4.000 Juifs éthiopiens, qui ont péri, tout en attendant, dans un camp de transit, pour être transportés, par avion, en Israël, au début des années 80, le Président israélien, Reuven Rivlin, et Premier Ministre israélien, Benyamin Netanyahu, avaient exprimé leurs sympathies et excuses à la communauté juive éthiopienne: «Nous avons entendu une communauté blessée, qui a exprimé, par ses cris sincères, des sentiments de discrimination, de racisme, d’insulte et d’absence de réponse… Israël a tardé dans l’intégration et le traitement de la communauté éthiopienne, le long des années… Nous n’avons pas vu, nous n’avons pas agi correctement, nous n’avons pas écouté assez». Il n’y a jamais eu de déclaration si sentimentale, quand ce sont les citoyens de Jérusalem ou les citoyens arabes d’Israël, qui protestent ou manifestent contre le racisme israélien, à l’égard de leurs communautés. En lieu et place, ils sont, souvent, arrêtés, blessés ou tués, dans la répression qui suit, et sans même parler des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza! Aide humanitaire vers le Népal. Peu de temps après le tremblement de terre dévastateur, qui a frappé le Népal, fin avril, l’armée israélienne a envoyé une équipe de secours, pour porter assistance aux victimes du tremblement de terre. En fait, ce n’était pas la première fois qu’Israël montrait des velléités, pour offrir de l’aide aux victimes des catastrophes naturelles. Les Israéliens aiment ce genre de démonstrations, avec des photos de femmes noires et brunes et d’enfants recevant l’aide, sous le drapeau israélien bleu et blanc. De telles images semblent, non seulement, pleines de bons sentiments, quand elles apparaissent, dans les médias populaires et les conférences scientifiques, mais elles prétendent donner de la crédibilité à la prétention israélienne de «protéger les droits de l’Homme». Une histoire plus intéressante concerne les efforts du gouvernement israélien, pour évacuer les bébés des gays israéliens, mis au monde au Népal, par des mères indiennes de substitution. La couverture médiatique occidentale de cette histoire était, encore, plus large que la couverture sur les milliers de victimes du tremblement de terre, et cette fanfare était supposée prouver le respect d’Israël, pour des droits des homosexuels. Nous avons vu des gays israéliens blancs arriver à l’Aéroport Ben Gourion, avec leurs bébés nouveau - nés, exprimant à quel point ils sont fiers d’être israéliens et combien ils sont reconnaissants à leur pays, pour tous les efforts déployés, pour amener leurs enfants,(les mères porteuses à la peau brune, cependant, ont été abandonnées à leur sort, dans la zone de catastrophe, au Népal, à plusieurs milliers de kilomètres de leurs maisons, en Inde). La loi israélienne permet aux couples homosexuels d’avoir des enfants, mis au monde par une mère porteuse étrangère, et les mères indiennes représentent des proies faciles, à cause du grand nombre de femmes, suffisamment, désespérées, pour vendre leurs corps, pour de l’argent,(ces femmes se sont rendues, au Népal, pour donner naissance, parce que les lois indiennes empêchent ce type de trafic). Les honoraires, pour louer l’utérus d’une mère porteuse non - blanche et en situation de grande pauvreté, qui veut assumer les charges et les risques physiques et psychologiques de la fertilisation, de la grossesse, et de la naissance - dans le but de donner la vie au matériel génétique,(dans ce cas), d’hommes juifs et blancs - sont 80% moins élevés que le coût d’une mère porteuse américaine. En moyenne, une femme, au Népal, est payée 30.000 dollars, tandis qu’une femme américaine en toucherait 150.000. Cette histoire rappelle le contexte de la rumeur répandue par la police israélienne et diffusée, si rapidement, dans des médias officiels et sociaux, selon laquelle Mohammed Abu Khdeir avait été tué par des Palestiniens, parce qu’il était gay. Cette histoire a perduré, jusqu’à ce que des commerçants palestiniens fournissent la vidéo identifiant les vrais ravisseurs israéliens, contredisant toutes ces affirmations. Mais la rumeur a été créée de toutes pièces, non seulement, pour protéger les criminels israéliens et pour placer la responsabilité du meurtre sur la communauté palestinienne, mais aussi, pour imposer une dichotomie entre une communauté palestinienne homophobe et une communauté israélienne, homophile. Les Israéliens n’autorisent - ils pas une Gay Pride, dans Jérusalem occupée, et ne donnent - ils pas refuge aux membres de la communauté LGBT palestinienne, dans le but de blanchir l’occupation profession et son refus des droits des Palestiniens réfugiés? Les catastrophes produites par Israël. Les médias occidentaux font, souvent, un paquet cadeau du visage, prétendument, humanitaire d’Israël, qui contribuerait aux secours, en cas de catastrophe et défend les droits des homosexuels, mais dans le but d’éloigner l’attention de son occupation militaire de la Palestine. Mais juste comme le petit garçon, dans l’histoire «des vêtements neufs de l’Empereur», qui ont vu l’empereur nu, alors que tous les autres admiraient des vêtements qui n’existaient pas, nous, Palestiniens, ne pouvons être trompés par ce honteux ravalement de façade de l’occupation. Le masque humanitaire n’affranchit pas Israël des injustices et des catastrophes, qu’il a, systématiquement, créées aux dépens du peuple de Palestine, en 67 années d’occupation.