Le projet de la partition représente une menace sérieuse pour le Moyen - Orient, un projet dont l’application a déjà commencé par une résolution du Congrès américain voulant contourner le gouvernement central d’Irak en divisant ce pays en trois parties séparées. Amin Hotheit, analyste des questions stratégiques du monde arabe, a rédigé un article pour le journal libanais Al - Bana, dans lequel il s’est penché sur le plan des Etats - Unis visant à démembrer le Moyen - Orient.
En 1991, les Etats - Unis se sont imposés au Moyen - Orient sous couverture d’une mission militaire dite «Tempête du désert». Via cette opération militaire, l’armée US voulait libérer le Koweït des mains de Saddam Hussein à qui la Maison Blanche avait demandé, auparavant, de l’occuper! Mais il est naïf de croire que les Américains entendaient libérer les Koweïtiens par un sentiment d’humanité! En réalité, tout ce qu’ils cherchaient, à cette époque - là, était la mainmise des ressources pétrolières et des points de passage maritimes de la région pour ainsi pouvoir dominer les artères de l’économie du monde. Les démarches des Etats - Unis s’inscrivaient tous dans la lignée d’un «nouvel Ordre mondial» que ce pays voulait imposer à la région, à l’aide de sa stratégie unipolaire. Mais que cherchait exactement la Maison Blanche en imposant ce nouvel Ordre unipolaire au Moyen - Orient? La réponse est facile à trouver: faire du Moyen - Orient une colonie des Etats - Unis, là où aucune voix d’opposition et de protestation ne s’entende! Ceci dit, les Etats - Unis sont arrivés à rapidement déployer leurs militaires çà et là dans le golfe Persique et à transformer ces eux, en moins de deux semaines, en une mer réservée aux forces de l’Otan. A cette époque - là, Washington pensait que l’Iran et la Syrie se soumettraient à son plan et qu’ils attendraient impatiemment leur rôle défini par les Américains. Quelle chimère! Il paraît que Washington n’avait pas une bonne conception des lignes de conduite de Téhéran et de Damas. Mais cette chimère n’a fait de long feu car la Maison Blanche a rapidement compris que non seulement l’Iran et la Syrie ne se soumettraient à ses politiques mais en plus ils se livreraient à une résistance armée prenant pour cible son principal allié régional, Israël. C’est ainsi que l’axe de la Résistance s’est mis sur pied en guise de lutter contre la volonté des Etats - Unis de faire du Moyen - Orient une colonie inféodée. Les membres de l’axe de la Résistance ne voulaient rien qu’un Moyen - Orient qui appartienne à ses habitants, un Moyen - Orient dont les relations avec l’extérieur soient dans le cadre des intérêts de ses peuples. Deux décennies se sont écoulées depuis les guerres illégales que les Etats - Unis avaient déclenchées dans la région grâce à l’aide et l’appui du Conseil de sécurité et ce pays a finalement appris que les capacités de l’axe de la Résistance ne lui permettraient jamais de réaliser ses rêves dans la région. En plus, quatre ans après le chaos qu’il a semé dans les pays arabes, Washington a appris que l’effondrement de l’axe de la Résistance s’annonçait presque impossible eu égard aux capacités militaires et aux expériences de cet axe. Ensuite, les Etats - Unis ont changé de stratégie sans jamais penser à l’abandonne totale de leur projet. «Si tu n’as pas acquis tout, ne laisse pas tout!», c’est la stratégie pour laquelle Washington décida d’opter afin d’enregistrer de plus en plus d’acquis. Il sait bel et bien qu’il ne sera jamais capable de dominer tout le Moyen - Orient d’autant plus qu’il ne peut même penser à un retrait total. Ça, c’est une pensée suicide. Ne pouvant ni conquérir le Moyen - Orient dans son entièreté, ni l’abandonner totalement, Washington pense à une troisième option composée de deux parties: premièrement, la relance du projet de la partition de la région! Ce projet a été évoqué par les Américains en 1975 au Liban et même mis en application au Soudan, pendant les dernières années. Le projet de la partition prévoit le démembrement des pays de la région en des parties plus petites ayant la même religion, la même confession ou en considérant d’autres facteurs. Mais à quoi ça sert ce projet? C’est clair; les pays plus petits et les Etats moins puissants ne sont pas en mesure de menacer, par leurs décisions, l’axe américano - sioniste. De tels pays et Etats ne seront pas capables de contrer Israël ni de contrôler leurs ressources et richesses qui les rendent indépendants des pays tiers. Dans ce cas - là, les pro - Américains et les anti - Américains se rangent les uns contre les autres alors que le régime sioniste et les Etats - Unis jouent à l’arbitre. Deuxièmement, Washington tente de faire du compromis avec chacun des membres de l’axe de la Résistance dans l’espoir de pouvoir les convaincre à soutenir les intérêts des Etats - Unis et ceux de leurs alliés et mercenaires. Il croit que cette démarche pourra l’aider à assoir son hégémonie au Moyen - Orient. Mais comment les Etats - Unis envisagent de faire un compromis individuel avec chacun des membres de l’axe de la Résistance. En Syrie, ils ont tenté leur chance en signant un accord de désarmement nucléaire avec Damas et en Iran, ils suivent cet objectif en essayant de conclure un accord nucléaire global avec Téhéran. Mais la Maison Blanche a, de nouveau, subi un échec cuisant en voyant un Iran et une Syrie qui ne veulent craquer en aucun cas. Maintenant, les Etats - Unis savent bel et bien qu’ils ne peuvent pas s’infiltrer dans la région par son arrière - cour. L’échec de ce projet a conduit les Etats - Unis à retourner une fois de plus vers leur projet de partition. L’Irak est la première cible de ce projet. Le projet de partition des Etats - Unis, va - t - il échouer une autre fois? Ce projet auquel fait appelle les Etats - Unis pour camoufler leurs échecs et paralyser d’autres parties vise à permettre à Israël de poursuivre ses démarches lorsque les autres sont impliqués dans des guerres et des chaos. Le processus de la mise en application des projets américains nous montre que les Etats - Unis entendent diviser cinq pays arabes en 18 pays plus petits. Les ciseaux des Etats - Unis veulent couper les cartes de l’Irak, de la Syrie, du Yémen, du Liban et de l’Arabie saoudite d’autant plus que l’Egypte pourrait aussi faire partie des pays cibles. Et le rôle que la Jordanie va jouer dans ce nouveau Moyen - Orient est de devenir un pays substituant pour les Palestiniens. Le projet de partition met en péril le Moyen - Orient d’autant plus que les Etats - Unis l’ont déjà lancé en contournant le gouvernement central en Irak. Dans la foulée, le Congrès US a adopté un projet de loi reconnaissant trois Etats indépendants en Irak. Par ailleurs, l’Arabie saoudite et la Turquie envisagent de diviser la Syrie en y créant des zones d’exclusion aérienne et des zones tampons et cela pour pouvoir s’infiltrer facilement dans le territoire syrien. Reste à savoir si ce projet réussira. La puissance militaire et les capacités défensives des opposants à ce projet, qui se résument pour la plupart en l’axe de la Résistance et ses alliés, nous amènent à penser que le projet US est voué à l’échec. D’abord, les capacités militaires des groupes régionaux dressent des obstacles face au projet de la partition de la région. L’axe de la Résistance jouit des capacités desquelles sont conscients les auteurs du complot. Il s’agit des capacités que les Etats - Unis et leurs alliés ne sont pas arrivés à détruire pendant les quatre dernières années. Aujourd’hui, la Résistance est même capable de surprendre ses ennemis grâce aux expériences qu’elle a acquises pendant les toutes récentes années. Par ailleurs, il revient aux élites et aux intellectuels de la région de mettre au grand jour les complots des ennemis et d’encourager l’opinion publique à y faire pression de plus en plus. Malgré toutes les tentatives des ennemis visant à semer la pomme de discorde parmi les nations de la région, celles - ci, quel que soit la religion et la confession, rejettent catégoriquement le projet de partition. Or, nombreux sont les mercenaires et les éléments matérialistes qui se sont laissés tomber dans le piège des ennemis. Il est vrai que le complot des ennemis pèse de tout son poids mais en revanche nombreux sont les obstacles qui y sont dressés. Là, il revient à tout le monde de rester vigilant vis - à - vis de ce complot d’autant plus que les positions politiques des pays de la région jouent un rôle plus que jamais important dans la neutralisation des plans dévastateurs de l’Occident.
Par: Amin Hotheit