De loin, les émeutes qui viennent d ' éclater dans la ville de Baltimore aux États - Unis pourraient rappeler ce qui s ' est passé à Ferguson en été 2014.
Dans les deux cas, les violences ont été déclenchées par la mort d ' un jeune noir poursuivi par la police, Michael Brown à Ferguson et Freddie Gray à Baltimore. Mais la situation de ces deux villes est très différente. Dans la petite ville du Missouri où Michael Brown est mort en août dernier, 67% de la population est noire mais, au moment des émeutes, les Afro - Américains étaient quasiment absents des institutions locales. Par contre, " les problèmes principaux de Baltimore ne sont pas raciaux. ", comme l ' a écrit le journaliste Michael Fletcher dans le Washington Post. " Le maire, le président du conseil municipal, le chef de la police, le procureur et d ' autres leaders locaux sont noirs, tout comme la moitié des forces de police de la ville. On n ' a donc pas affaire, comme à Ferguson, à un criant manque de représentation de la population afro - américaine ", poursuit le journaliste de " Washington Post ", selon lequel, " le cas de Baltimore montre que la diversité au sommet ne permet pas à elle seule de résorber les lourdes inégalités sociales qui persistent entre résidents du centre - ville et habitants des ghettos. " " Qu ' une ville soit dirigée par des noirs ne suffit pas à éviter les troubles, tant que le progrès ne profite pas à tout le monde. Un système injuste demeure injuste, quelle que soit l ' ethnicité de ceux qui le dirige ", selon un autre journaliste, Adam Serwer. Dans son article, Serwer rappelle que, jusqu ' à la fin des années 1960, la politique de ségrégation à Baltimore était particulièrement stricte. Et lorsque la loi a été jugée anticonstitutionnelle en 1948, la ségrégation a été maintenue de facto par d ' autres moyens: les agents immobiliers encourageaient les blancs à vendre leurs propriétés à perte dès que des noirs emménageaient dans un quartier. Or, les émeutes actuels à Baltimore, prouvent que cette politique n ' a absolument pas pu résoudre les inégalités sociales et calmer le peuple noir. Pourtant, " le fait que la police et le gouvernement local de Baltimore soient plus représentatifs de la population a tout de même permis d ' éviter une escalade de la violence comme il y a eu cet été à Ferguson ", selon les termes exactes de ce journaliste. Est - il vrai?