Dans la foulée de la nouvelle vague des changements politiques, en Arabie saoudite, le roi Salman vient de limoger le prince héritier et le ministre des Affaires étrangères.
Dans un décret royal, Salman ben Abdelaziz a limogé Moqreb ben Abdelaziz du poste de prince héritier, et a nommé Mohammad ben Nayef à sa place. Le roi d’Arabie saoudite a émis un autre décret, pour nommer son fils, Mohammad ben Salman, ministre de la Défense, au poste de prince héritier en second. En outre, le roi a limogé le ministre des Affaires étrangères, Saoud al - Fayçal, et a donné son poste à l’ambassadeur d’Arabie saoudite, à Washington, Adel Jobaïr. Selon les observateurs, ces changements brutaux, à la tête du pouvoir, proviennent de l’aggravation de la crise interne, en Arabie saoudite, car la grande monarchie pétrolière souffre du chômage, et des problèmes de logement et des services de santé. L’un des objectifs des changements de poste à la tête des ministères est de détourner l’attention de l’opinion publique de l’incompétence des responsables saoudiens et des réalités des guerres du pouvoir. Il est à rappeler que le régime saoudien dépense, depuis des années, des milliards de ses pétrodollars, pour l’achat d’armements, mais n’accorde aucune attention aux besoins de ses citoyens, notamment, dans les domaines de l’emploi, la santé, le logement et les libertés, d’où la montée progressive des protestations populaires. Dès son intronisation, le nouveau roi Salman ben Abdelaziz a commencé par limoger les personnalités proches de l’ancien roi de leurs postes, pour confier ces postes à ses fils et à ses proches. En effet, le nouveau roi craint, aussi, que son royaume soit menacé par des troubles internes, comme cela a été le cas, dans les pays, comme l’Egypte, la Tunisie et la Libye. L’Arabie saoudite est une monarchie despotique où le pouvoir politique est monopolisé par le roi et les princes de la famille royale. Les citoyens sont, totalement, interdits de toute participation, dans la vie politique du pays. Le régime saoudien a, donc, la réputation d’être un régime non - démocratique et répressif. Par ailleurs, la famille royale a intensifié, depuis quelques années, ses interventions, dans les affaires d’autres pays, comme Bahreïn et le Yémen, et ses politiques très destructrices sont à l’origine de la crise interne, dans d’autres pays, comme la Syrie, l’Irak et le Liban. La tyrannie intérieure, les dérives idéologiques des Saoudiens et leurs mauvaises politiques étrangères sont des éléments, qui poussent les princes saoudiens à fomenter des complots contre les pays de la région, et à se mettre, entièrement, au service des politiques régionales de leurs protecteurs occidentaux. L’aventurisme du régime saoudien, en matière de politique étrangère, est une autre raison des échecs politiques de Riyad, au niveau régional. L’agression militaire contre le Yémen, sans calculer les conséquences désastreuses de cette agression, tant pour l’Arabie saoudite que pour toute la région, en est un exemple flagrant. De ce point de vue, certains analystes estiment que les limogeages et les nouvelles nominations à la tête du pouvoir, pourraient être considérés comme les conséquences directes des défaites militaires et politiques des Saoudiens, au Yémen.