Un site d’information irakien constate que les frappes aériennes saoudiennes contre le Yémen n’ont pas apporté les résultats escomptés, faisant état de la complication de la crise et de la propagation des conséquences de l’intervention de Riyad, jusqu’au Sud de l’Arabie.
Dans un article, intitulé «les Saoudiens, dans le bourbier afghan, au Yémen», le site d’information irakien, Al - Masleh, écrit: «Les Saoudiens savent très bien que les frappes aériennes ne marqueront pas la guerre à leur profit, d’autant que les évolutions, sur le front de la guerre, témoignent de l’échec du régime saoudien à atteindre ses objectifs». Pour le site d’information irakien, les raids aériens n’ont pas pu stopper les avancées du mouvement Ansarallah. En plus, il n’existe aucun signe prouvant la concrétisation des objectifs politiques, par de telles frappes, et le constat, unanimement, partagé, c’est que le bilan des victimes civiles ne cesse de s’alourdir. Le site irakien estime que les Saoudiens ont perdu leur guerre aventuriste, au Yémen, au moment où l’Iran a remporté une victoire diplomatique importante, face à l’Occident. Entre temps, les jours des terroristes de Daesh sont comptés, dans la province de Salaheddine, en Irak, d’autant plus que Tikrit vient d’être libérée. Par ailleurs, la coalition, conduite par l’Arabie saoudite, est en passe de s’effondrer, en raison des doutes du Pakistan d’envoyer des soldats et des avions de combat, au Yémen, et des divergences de vue profondes entre Erdogan et Al - Sissi, sur cette question. Le site Al - Masleh prévient que le Yémen est sur le point de se transformer en une véritable Afghanistan, qui impliquera, pendant des années, le régime saoudien, d’où la grande inquiétude de Riyad, qui a donné son feu vert à l’instauration d’un cessez - le - feu, une question, largement, abordée par le quotidien " Al - Ray - al Am ". Dans ce contexte, le site irakien précise que Saleh al - Somad, conseiller du président démissionnaire et Président du Conseil politique d’Ansarallah, a fait état de la disposition de ce mouvement à s’engager dans des pourparlers de paix, si les frappes aériennes s’arrêtaient et que les parties internationales n’ayant pas de position hostile, assumaient une mission de supervision. Les Saoudiens n’ont pas, encore, réagi aux appels à l’arrêt des raids aériens et au retour à la table du dialogue. Le pays médiateur est, à présent, le Sultanat d’Oman, qui n’a pas, encore, pratiquement entrepris ses efforts, bien qu’il ait reçu la lettre du Président Rohani, envoyée par le vice - ministre iranien des Affaires étrangères, en charge du département arabo - africain, Hossein Amir - Abdollahian. Le site Al - Masleh a réitéré que les frappes aériennes n’ont pas, jusqu’ici, marqué la guerre au profit des Saoudiens, qui savent très bien que ces raids sont loin de leur apporter une victoire, au Yémen, d’autant qu’ils sont conscients de l’échec de telles frappes, dans des pays, tels l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie et la Libye. D’autre part, les dirigeants saoudiens savent bien qu’une intervention militaire au sol, dans un pays, comme le Yémen, impliquerait des dépenses financières énormes et serait lourde de conséquences, sur le plan humain, car l’Arabie risquerait de perdre beaucoup, en échange de ce qu’elle va gagner, qui est très peu. L’Arabie saoudite mise, ajoute le site irakien, sur la formation d’une coalition sunnite avec la participation de dix pays et de la Turquie, mais cette coalition souffre de multiples difficultés, et les chances d’une réussite s’amenuisent. Le Pakistan, auquel l’Arabie saoudite a demandé l’envoi de troupes et des avions de combat, étudie, avec réserve, une demande risquée et rejetée par l’opposition parlementaire. Il paraît que le déplacement du Premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif, allié stratégique des Al - e Saoud, en Turquie, a changé sa position, le poussant à se retirer d’une participation à une offensive terrestre, pour des raisonsn encoren ambiguës. Le Président du Parlement pakistanais, Sadar Ayaz Saegh, a déclaré que le Pakistan n’entendait pas s’impliquer dans le conflit au Yémen, et qu’il plaidait pour le rétablissement de la paix et de la stabilité, dans ce pays, en raison des intérêts des pays islamiques. A vrai dire, les déclarations du président du Parlement pakistanais signifient que l’amitié avec Al - e Saoud est une chose, et que l’engagement, dans une guerre, aux conséquences imprévisibles, en est une autre. Pour le site Al - Masleh, les frappes aériennes n’ont pas pu entraver les avancées de l’armée et des comités populaires yéménites, qui ont réussi à s’emparer d’importantes régions, à Aden. Face à ces avancées, les partisans et les forces liées au président démissionnaire, Abd Rabbo Mansour Hadi, ont échoué, alors que de nouvelles armes et munitions étaient héliportées, pour renforcer leur capacité militaire. Selon les toutes dernières dépêches, la plupart des provinces méridionales du pays, comme Shabwa, al - Zaleh et Abine, sont sous contrôle de l’armée et des comités populaires. Selon le site irakien, la Russie a démenti les nouvelles, selon lesquelles Ali Abdallah Saleh aurait quitté Sanaa, pour Moscou, via l’avion transportant des diplomates russes, ce qui montre que l’ex - président n’a pas pris la fuite, comme le ministre yéménite des Affaires étrangères, Riyad Yassine. La conclusion qu’on pourrait tirer, écrit Al - Masleh, c’est que la crise saoudienne ne cesse de se compliquer, les frappes aériennes ont échoué, la guerre s’étend au Sud de l’Arabie et sur le sol, et les dirigeants saoudiens ont évacué une centaine de villages, sur les frontières avec le Yémen; tout cela témoigne de la grande confusion du régime saoudien. Le temps est venu, pour que les dirigeants saoudiens reviennent à la table des négociations et fassent preuve de flexibilité, pour que cette guerre cesse, qu’elle ne se complique et ne se prolonge pas, pour éviter que le Yémen se transforme en une nouvelle Syrie, impliquant, surtout, le Sud de l’Arabie saoudite.