Dix-neuf personnes sont mortes et quarante-quatre ont été blessées mercredi 18 mars dans l'attaque du Musée du Bardo, à Tunis. L'Elysée a confirmé dans la soirée la mort de deux Français, ajoutant que sept autres ressortissants figuraient parmi les blessés, dont un était « dans un état grave». Une opération des forces de sécurité tunisiennes est en cours pour rechercher d ' éventuels complices des deux assaillants abattus dans l ' assaut des forces de l ' ordre.
  • Comment l ' attaque s ' est - elle déroulée?
L ' attentat, qui a duré près de quatre heures, a commencé en début d ' après - midi, lorsque deux assaillants armés de kalachnikovs ont ouvert le feu sur des touristes qui descendaient de leurs autocars sur le parking du musée. Les hommes armés ont ensuite pourchassé les touristes à l ' intérieur du Musée du Bardo, a relaté le premier ministre de la Tunisie. S ' exprimant devant la presse, Wafel Bouzi, un guide qui avait accompagné un groupe de touristes hispanophones au musée, a témoigné avoir aperçu sur le parking un« jeune homme de 25 ans, normalement vêtu, sans barbe», qui tenait une kalachnikov.« Il la manipulait, je pensais qu ' il jouait avec, puis il a ouvert le feu.»« Nous nous sommes rendu compte qu ' il ne s ' agissait pas de pétards mais de terroristes qui tiraient sur toutes les personnes qui marchaient sur la place. Après, ils sont entrés dans le musée. Ils étaient àpresquedix mètres, ils tiraient sur tout ce qui bougeait», a expliqué Josep Lluis Cusido, un touriste espagnol, à la chaîne Cadena Ser.« Je suis resté allongé par terre presque trois heures.»Le Parlement voisin a été évacué dès la fin de matinée. La« panique»a été« énorme»lorsque les coups de feu ont retenti, a relaté la députée Sayida Ounissi sur Twitter. La fusillade a eu lieu« en pleine audition des forces armées sur la loi antiterroriste», en présence du« ministre de la justice, de juges et de cadres de l ' armée».
La panique est énorme. En pleine audition des forces armées sur la loi anti terroriste. J ' ai été évacuée avec Ameur Laraied. — Sayida Ounissi(@ SaidaOunissi)
L ' intervention des forces de l ' ordre aux abords du musée s ' est terminée vers 15 h 30, selon une journaliste duMondeprésente sur place. Il s ' agit de la pire attaque terroriste en Tunisie depuis l ' attentat qui avait fait 21 victimes, principalement des touristes allemands, devant une synagogue de Djerba en 2002. L ' attaque avait été revendiquée par Al - Qaida.Après l’attaque du Bardo, les Tunisiens «inquiets» pour leur pays
  • Qui sont les victimes?
Le premier ministre Habib Essid a fait état de dix - neuf morts: dix - sept touristes étrangers et deux Tunisiens — un policier et un chauffeur de bus. Deux assaillants ont également été abattus. Quarante - quatre personnes, dont six Tunisiens, ont été blessées, certaines grièvement. François Hollande a confirmé dans la soirée la mort de deux Français, et a ajouté que sept ressortissants étaient blessés, dont un se trouvait« dans un état grave».
Le président @ fhollande a appris avec tristesse le décès de 2 de nos compatriotes dans le terrible attentat à Tunis http: / / t. co / wW4evcrAKD — Élysée(@ Elysee)
Parmi les autres touristes, quatre Italiens, deux Colombiens, cinq Japonais, un Polonais, un Australien et deux Espagnols sont morts, selon le premier ministre de la Tunisie. Jeudi, le Japon a contesté les chiffres des autorités tunisiennes concernant ses ressortissants, évoquant une« erreur». Tokyo confirme la mort de trois Japonais, ainsi que trois blessés. L ' Italie et l ' Espagne, qui n ' ont pas contredit la Tunisie, ont respectivement fait état de trois et deux victimes. Certains touristes voyageaient avec le croisiériste Costa, dont un bateau faisait escale dans le port de La Goulette, dans la banlieue de Tunis. Costa Croisières a fait savoir que quatorze passagers n ' étaient pas remontés à bord à la suite de l ' attentat et que son navire ancré dans le port, leCosta - Fascinosa, allait repartir dès mercredi soir, en laissant une équipe sur place pour aider les touristes.
  • Où en est l ' enquête?
L'attaque n'a pas encore été revendiquée. Une opération des forces de sécurité est en cours pour rechercher d'éventuels complices des deux assaillants tués. Depuis la révolution de janvier 2011 qui a chassé du pouvoir le président Zine El-Abidine Ben Ali, la Tunisie a vu émerger une mouvance djihadiste responsable de la mort de dizaines de policiers et militaires. Liée au réseau Al-Qaida, la phalange Okba Ibn Nafaâ est considérée comme le principal groupe djihadiste de Tunisie, actif à la frontière avec l'Algérie. Entre deux mille et trois mille Tunisiens combattraient par ailleurs dans les rangs de groupes djihadistes en Syrie, en Irak et en Libye. Cinq cents autres sont rentrés au pays, selon la police, et sont considérés comme une grande menace pour la sécurité. Des Tunisiens combattant avec l'Etat islamique (EI) ont par ailleurs menacé leur patrie ces derniers mois. Selon l'EI, un Tunisien a participé à l'assaut d'un hôtel dans la capitale libyenne qui a fait neuf morts en janvier. Un autre a mené un attentat-suicide à Benghazi, dans l'est de la Libye). La section antiterroriste du parquet de Paris a par ailleurs ouvert une enquête sur l'attaque, une procédure classique quand des Français figurent parmi les victimes.