A l ' approche du 19 Mars, date anniversaire du cessez - le - feu, en 1962, certains milieux «pieds - noirs» réapparaissent, en France, pour déverser leur haine de l ' Algérien. Samedi dernier, ils étaient rassemblés, à Béziers, en France.
Ils étaient venus assister à une cérémonie, du souvenir, organisée par le maire et fils de colons d ' Oran, Robert Ménard. C ' est sous les applaudissements des nombreux nostalgiques, comme lui, qu ' il débaptisa la place du «19 Mars 1962» de Béziers. Dans son discours, Ménard rappela «qu ' il y a 50 ans, nous tapions sur des casseroles, en scandant «Algérie française». Il n ' en fallait pas plus, pour que les Biterrois,(les habitants de Béziers), présents à la cérémonie, le suivent et se mettent à scander, à leur tour, et à tue - tête, le slogan. Même si les «casseroles» ont vieilli, le ressentiment et la haine ont gardé toute leur intensité. Tout comme le «chant des Africains», qui fut, ensuite, entonné, comme au bon vieux temps de l ' Algérie colonisée. Le temps n ' a rien effacé du désir de revanche, chez ces rapatriés, pour qui l ' indépendance de l ' Algérie reste toujours inacceptable. Qui est ce fameux maire de Béziers? Les Algériens, en général, et les journalistes, en particulier, le connaissent bien. Durant la décennie du terrorisme, en Algérie, Robert Ménard, puisqu ' il s ' agit de lui, était à la tête de l ' ONG «Reporters sans frontières». Il se faisait le chantre des droits de l ' Homme, et parmi ses droits, la liberté d ' expression. C ' est lui, qui, à l ' époque, offrit à beaucoup de journalistes algériens des «bourses de détente», en France, qui allaient se transformer, pour bon nombre, en exil «politique». Ménard s ' est occupé de toutes les démarches. Le bon samaritain. En réalité, il s ' inscrivait dans cette dynamique qui avait cours, dans les années 1990, et qui consistait à vider l ' Algérie de ses élites. D ' autres structures s ' occupaient à «faire fuir» les enseignants d ' universités algériennes. Lui, avait en charge les cadres de la presse algérienne. Robert Ménard avait si bien travaillé qu ' il fut décoré de la Légion d ' honneur, en 2008. Sur proposition de qui, SVP? De cet autre grand «ami» des Algériens, Bernard Kouchner. Celui qui porte des sacs de riz sur le dos, pour donner à manger aux affamés de la terre. Celui qui attend que la génération de Novembre rende l ' âme, pour arnaquer la jeune génération d ' Algériens, qui, croit - il, ne sait rien de la barbarie de la colonisation, en Algérie. Les Algériens doivent savoir, aussi, que ce n ' est pas le premier maire français à agir ainsi. Avant lui, il y a eu Serge Dassault, à Corbeil - Essone,(celui que la justice française poursuit, pour achat de voix, qui ont permis son élection). Il y a eu, aussi, David Devedjian,(d ' origine arménienne), dans les Hauts - de - Seine. Il y a, également, Christian Estrosi, le maire de Nice. Tout ce beau monde rêve, encore, d ' une Algérie, qui redeviendrait «française». Ceci dit, il ne faut pas les confondre avec la France officielle,(qui a condamné, aussitôt, les propos de Ménard), incarnée par François Hollande. Depuis son arrivée au pouvoir, les relations d ' Etat entre nos deux pays sont excellentes. Ce ne fut pas le cas sous Sarkozy. Ce qui veut dire que nous devons rester vigilants. Il serait naïf de croire que tous ces nostalgiques se contentent de débaptiser les places publiques, en France. Ils sont, comme on l ' a vu, dans les rouages de l ' Etat français. Dans les médias. Même à la périphérie du pouvoir, ils agissent, comme c ' est le cas de Bernard - Henri Lévy. Sans parler de tous les autres «Français de service». Alors, M. Montebourg, vous êtes bien gentil, mais lorsque vous nous demandez de «tourner dans nos têtes la page de la colonisation», vous n ' êtes plus en prise avec la réalité. Ceci dit, ces «sorties» des nostalgiques français sont pour nous comme un rappel de «vaccin», pour une meilleure défense immunitaire. Surtout, en ces temps troubles!
Zouhir Mebarki