LE SCAN POLITIQUE - Jean - Marie Le Clezio a annoncé qu ' il rendrait son passeport en cas de victoire du Front national. Il n ' est pas le premier du «monde de la culture» à proférer un tel avertissement. C'est peu dire que le «monde de la culture» n'est pas acquis aux thèses du Front national. Et nombreux sont les artistes à avoir publiquement pris parti contre le parti d'extrême droite. Certains vont même jusqu'à affirmer leur intention de ne plus vivre ou se produire sur des terrains gagnés par le parti de Marine Le Pen. Dernier en date, Jean-Marie Le Clezio, qui a déclaré à un magazine culturel argentin qu'il renoncerait à la nationalité française en cas de victoire du Front national. «Quand je vois le FN monter en France, je me sens plus Mauricien que jamais. Je ne comprends pas les Français. Si Marine Le Pen gagne, je rendrai mon passeport français, et je ne garderai que mes papiers mauriciens», a promis le prix Nobel de littérature, qui revendique ses «identités multiples». Mais il n'est pas seul. A l'occasion de la campagne des européennes en juin dernier, où de nombreux artistes avaient exprimé leur hostilité au FN, le président d'honneur du parti avait provoqué un tollé en déclarant à propos de Guy Bedos, Madonna et Patrick Bruel: «On fera une fournée la prochaine fois». Interrogé sur «tous ceux qui avaient juré en cas de victoire du Front national de prendre leurs cliques et leurs claques et de quitter la France», Jean-Marie Le Pen avait enchaîné: «Monsieur Noah s'était engagé à ne plus chanter en France si le Front national arrivait en tête de l'élection… Cochon qui s'en dédit». Tout comme Yannick Noah, d'autres personnalités ont mis dans la balance de leur personne face au vote frontiste. L'animateur Nagui avait ainsi déclaré en septembre 2013 au micro de RMC: «Le Front national au pouvoir, cela pourrait me faire quitter la France». Lors des municipales de 2014, le directeur du festival d'Avignon Olivier Py avait pour sa part déclaré qu'il ne voyait «aucune autre solution que de partir» en cas de victoire du FN aux élections municipales d'Avignon. «Je ne me vois pas travaillant avec une mairie Front national. Cela me semble tout à fait inimaginable. Donc, je pense qu'il faudrait partir.» Avait-il menacé. Une réaction qui avait été jugé assez contre-productive. Le directeur du festival d'Anjou et metteur en scène Nicolas Briançon avait ainsi jugé son attitude «munichoise». «Il fait gagner cinq points au FN.», avait-il affirmé. Patrick Bruel avait lui mis sa menace à exécution. Il avait affirmé au lendemain des municipales de 2014 qu'il ne chanterait pas dans les villes gagnées par le Front national. «Même si je peux comprendre que des électeurs désespérés répondent à un discours populiste, je ne veux pas me produire devant une institution dont je méprise l'idéologie», avait-il expliqué. Depuis, il a tenu promesse. «C'est plutôt un cadeau que nous faisons aux habitants de ces villes», avait répliqué non sans ironie Florian Philippot.