Selon diktacratie, Au final, rien n’a vraiment changé. C’est même pire…pire qu’avant la kouachiasse. Y avait pourtant de quoi ébranler la donne, de quoi subvertir la populace… Mais, comment un tel massacre a - t - il pu susciter une si nauséeuse mascarade? Exhiber son indignation, ça on sait faire. Et puis ça rassure. Rien de tel qu’une grosse chorale pleine de moraline pour conjurer la terreur. Mais la procession terminée, qu’est - il resté de cetteunitési crânement revendiquée? En effet, combien avons - nous croisé d’idéalistes du dimanche revêtir dès les premières heures du lundi leur habit de mollusque ou de requin, de petit soldat ou de petit chef, dégoulinant de ressentiments ou d’ambitions, et cracher à la gueule de leur entourage leurs humeurs belliqueuses, leurs névroses sectaires et leurs frustrations narcissiques? Entre cohésion carnavalesque et infection égotiste, laparenthèse fraternelleeut comme seule issue de se refermer au plus vite. Tant qu’on laissera pulluler dans nosdiktacratiesdisloquées toutes ces processions de«je suis», le potentiel et l’expression de noscollectifsse réduiront à ceux de nosservitudes. Continuons à nous voiler la face derrière tous ces symboles impuissants, nos aliénations ne s’en porteront que mieux. Car, dans un monde où c’est leparaîtrequi prédomine, rien de meilleur que quelquessimulacresstorytelléspour diriger nos défilés…nos défilés d’esclaves. Là, desimagesnous aveuglant au point de nous anesthésier d’un réel trop brutal; ici, desmotsprestigieux exprimant le contraire de ce qu’ils signifient:liberté,démocratie,unitéen lieu et place d’asservissement,diktacratieetuniformité. Un mauvais usage des paraboles, en somme, chaperonnent les déférences de notre quotidien. Mais voilà qu’un carnage dans la matrice permet d’abuser encore plus de lamystification! C’est alors la surfusion depropagandesmédiatiques et scolaires! Impossible d’en sortir indemne, serein ou lucide. Cette pestilence outrancière gangrène l’opinion, met à genoux laRépubliqueet travestit lalaïcité. Cette dernière surtout. Comment se peut - il qu’elle finisse toujours par s’égarer dans les loges de lafranc - maçonnerieou sur les bancs de lasynagogue? Faut vraiment qu’ils cessent de se foutre de nous! Ils prétendent, de plus, se mobiliser au nom de ladémocratie! Quand le mensonge vire au crime… Tout ça va mal finir. On les connaît tous ces dépravateurs au service de l’oligarchierayonnante: ils sont nos pires ennemis. Sachez donc, Mesdames et Messieurs les imposteurs, que nous autres, fils deKronstadt, nous nous revendiquons de l’authentique laïcité: celle sur laquelle repose leconsensus démocratique. Ce consensus répondant à l’intérêt commun par delà toutes les obédiences, les coteries ou les factions, incarnant le vraicontrat socialet légitimant radicalement unpouvoir plus égalitaire. Ne tient qu’à nous de ranimer la flamme…