IRIB - A l’approche de la conférence de Moscou, les médias occidentaux abandonnent leur rhétorique du «changement de régime», en Syrie, et admettent la nécessité d’interaction avec Damas.
La réunion de Moscou, organisée à l’initiative du gouvernement russe, a commencé, lundi, et durera trois jours. Lors de ces négociations, une délégation, qui représente le gouvernement de Damas, discutera avec les représentants des groupes de l’opposition syrienne, pour trouver un mécanisme politique permettant de mettre fin à la crise, qui dure, depuis quatre ans, en Syrie.Un revirement à 180 degrés des médias occidentaux envers la Syrie:Pendant les deux premiers jours de la réunion de Moscou, les représentants des groupes opposants syriens se réuniront entre eux. Ensuite, les représentants des groupes d’opposition, à l’intérieur et à l’extérieur de la Syrie, s’entretiendront avec les membres de la délégation du gouvernement du Président Bachar al - Assad. La réunion de Moscou devra, également, préparer le terrain à la poursuite des négociations entre les deux parties, à l’avenir. Mais ce qui attire, aussi, l’attention des observateurs politiques, c’est qu’à l’approche de la tenue de la conférence de Moscou, les médias occidentaux ont changé de position, et ont pris une nouvelle posture envers les événements de la Syrie." The Guardian ": Washington change de position envers le gouvernement syrien:Le quotidien britannique, " The Gardian ", a écrit, lundi, que les Etats - Unis ont décidé de changer leur position envers le gouvernement du Président Bachar al - Assad, en insistant sur le fait que la priorité doit être donnée, dans la région,(et, aussi, en Syrie), à l’éradication du groupe terroriste de l’Etat islamique,(Daesh). " The Guardian " a étudié les récentes déclarations des responsables américains et écrit: «Washington n ' insiste plus sur la question de la démission du Président Bachar al - Assad, en tant que condition préalable aux efforts de paix en Syrie».Le renversement du gouvernement de Damas n’est plus une «priorité»:Le quotidien libanais, " Al - Akhbar ", a écrit, dans un article, qu’au seuil de la tenue de la conférence de Moscou, à l’initiative du gouvernement russe, pour organiser un dialogue entre le gouvernement syrien et l’opposition, les médias des pays occidentaux ont changé de position et n’estiment plus que le renversement du gouvernement du Président Bachar al - Assad soit une «priorité». le quotidien libanais a écrit: «L’événement important de la conférence de Moscou n’est pas l’absence de certains groupes de l’opposition ou des représentants des Etats - Unis, mais ce qui fait de cette conférence une avancée très importante, c’est que l’opposition se met à la table du dialogue avec les représentants du gouvernement du Président Bachar al - Assad, ce qui signifie que le renversement de régime n’est plus le thème principal de ces discussions».Les autorités occidentales se disent pessimistes envers les résultats de la conférence de Moscou:Les responsables américains et britanniques, qui suivent de près les évolutions de la Syrie, disent qu’ils ne s’attendent pas à ce que la tenue de la conférence de Moscou puisse changer, considérablement, l’état actuel des choses, dans ce pays. Mais cela ne veut pas dire qu’ils estiment que cette réunion n’aurait aucun effet. Les Occidentaux admettent qu’une mauvaise paix serait, en tout cas, préférable à la poursuite d’une guerre, même si certains la qualifient de «bonne». Ainsi, les médias occidentaux ont cité les déclarations des responsables politiques, à l’approche de la conférence de Moscou. Mais la rhétorique de ces autorités a, sensiblement, changé, par rapport à leurs déclarations, au sujet de la Syrie, durant ces dernières années." The New York Times ": Assad n’est pas la plus grande menaceUn récent éditorial du quotidien américain, " The New York Times ", est un exemple clair, qui montre que la rhétorique des médias occidentaux envers la Syrie commence à changer. N’oublions pas qu’il y a deux ans, ce journal américain était pour l’intervention militaire des Etats - Unis, en Syrie, pour renverser le gouvernement du Président Bachar al - Assad. Récemment, le journal a écrit: «Les choses changent, en Syrie». Dans son éditorial, " The New York Times " a écrit: «Aujourd’hui, le gouvernement du Président Bachar al - Assad n’est la menace principale. C’est l’Etat islamique,(Daesh), qui l’est».L’Occident sera - t - il obligé de coopérer avec Damas?Le quotidien " The New York Times " a posé, ensuite, une question importante: «Si Daesh est considéré, désormais, comme la menace la plus importante, et qu’il faut donner la priorité à l’éradication de ce groupe terroriste, ne serait - il pas nécessaire que l’Occident envisage la coopération avec le gouvernement du Président Bachar al - Assad, pour combattre ces terroristes?» Ainsi, le journal américain, qui estimait, jusqu’à une date récente, que le renversement du gouvernement du Président Bachar al - Assad serait la seule voie permettant de résoudre la crise, en Syrie, écrit, maintenant, qu’il est difficile de prévoir si un changement de régime, en Syrie, serait dans l’intérêt des Etats - Unis et de l’Occident." Times ": l’interaction avec Damas est la meilleure option, pour les Etats - UnisLe quotidien " Times " a écrit: «La crise que nous vivons, aujourd’hui, n’est pas du tout ce que nous attendions, en 2011, quand les opposants syriens ont commencé leurs manifestations, dans les rues des villes syriennes». Ce journal estime que, dans le contexte actuel, la meilleure option qui existe, pour les Etats - Unis, est d’entrer en interaction avec le gouvernement syrien, pour combattre un ennemi commun, c’est - à - dire, les terroristes de Daesh. Il faut rappeler que, dans un discours, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a déclaré que la paix ne sera pas établie, en Syrie, tant que le Président Bachar al - Assad serait à la tête du pouvoir, dans ce pays. C’est pourquoi " Times " écrit que tout dépendra de la décision du président syrien, pour changer sa politique.L’effondrement du gouvernement syrien serait la pire chose, pour les intérêts des Etats - UnisDans son éditorial, " Times " écrit que, d’après les instituts de recherches politiques et stratégiques, aux Etats - Unis, l’effondrement du gouvernement de Damas serait la pire chose qui pourrait mettre en danger les intérêts régionaux et internationaux des Etats - Unis, car l’effondrement du gouvernement du Président Bachar al - Assad pourrait créer un vide, qui serait, très probablement, comblé par les terroristes de Daesh et d’autres organisations armées.Nilolay Kozanov: les dirigeants occidentaux doivent coopérer avec la SyrieNilolay Kozanov, Directeur de recherche, à l’Institut Carnegie écrit: «Le peu d’intérêt que le gouvernement de Damas affiche, à l’égard de la réussite éventuelle de la conférence de Moscou, peut avoir plusieurs raisons. Par exemple, l’Armée syrienne se trouve dans une position supérieure, par rapport aux organisations terroristes, dans plusieurs régions syriennes. Une intervention militaire, en Syrie, n’est plus à l’ordre du jour de Washington et de ses alliés arabes. En outre, les menaces grandissantes des terroristes de Daesh obligent les dirigeants occidentaux à réviser leur politique envers la Syrie, de sorte que Damas sera, peut - être, reconnu comme un partenaire de l’Occident, dans la guerre contre le terrorisme.L’absence des opposants à l’étranger ne signifie pas l’échec de la conférence de Moscou:Nilolay Kozanov estime que l’absence des groupes d’opposants syriens à l’étranger ne signifie pas, nécessairement, l’échec de l’initiative des Russes d’avoir organisé la conférence de Moscou.