Dans son récent article, publié par le quotidien " Al - Ray al - Youm ", le célèbre journaliste et écrivain du monde arabe,
Abdel Bari Atwan, est revenu sur la mort du Roi Abdallah d ' Arabie et les défis auxquels sera confronté le nouveau Roi. Dans son article, il soulève, surtout, ce point qu ' à peine accédé au trône, le Roi a commencé à en découdre avec le patrimoine de son prédécesseur. Dans son article, nous lisons: «Le nouveau Roi Salman, qui est resté silencieux, ces dernières années, et a évité tout action l ' empêchant d ' accéder au trône, a commencé, dès son intronisation, à s ' en prendre au patrimoine et à l ' héritage de son prédécesseur. Dans le cadre de cette même logique, le nouveau Roi Salman a limogé Khaled al - Tuwaijri, Directeur de la Cour du roi d ' Arabie saoudite. Ce dernier était, également, le secrétaire particulier du Roi Abdallah et considéré, comme l ' homme fort du Royaume. Le nouveau Roi a désigné, aussi, Mohammad Ben Nayef, homme fort de l ' Arabie, comme le nouveau prince - héritier adjoint. Il a nommé son fils, Mohammad Ben Salman, au poste clé de ministre de la Défense et Directeur de la Cour royale. Avec ces nominations, le Roi Salman a barré la route au prince Motaab, fils du défunt roi, qui avait créé le poste d ' adjoint du Prince héritier». Et Abdel Bri Atwan de poursuivre: «En effet, avec ces nouveaux décrets, le Roi Salman Ben Abdel Aziz a mis en évidence deux choses importantes: Premièrement, le retour au pouvoir, avec force, du clan Sideiry. Les nominations des deux personnes de la jeune génération de ce clan, c ' est - à - dire, Mohammad Ben Nayef et Mohammad Ben Salman, aux fonctions les plus importantes et régaliennes, à savoir, les ministères de le la Défense et de l ' Intérieur, en disent long sur ce sujet». La nomination de Mohammad Ben Nayef au poste de prince héritier le place à deux pas du trône. Deuxièmement, le renforcement, la facilitation et le commencement du transfert du pouvoir à la deuxième génération des princes et des petits - fils du Roi Abdel Aziz Al - e Saoud, d ' une façon sélective et avec la concentration sur le principe de la compétence et l ' obéissance à ses critères». Et Abdel Bari Atwan d ' indiquer: «Naturellement, ces décisions rapides et soudaines ont suscité l ' étonnement de certains princes et la colère de certains autres, au sein de la famille royale. Il est, encore, prématuré de se livrer à des jugements hâtifs. Le nouveau Roi a procédé à ces nominations, pour apaiser et diminuer la colère des princes et établir un équilibre, au sein de la famille royale. Toutefois, il est tout à fait clair que Salman avait, déjà, choisi son équipe, pour gouverner, au moment où l ' état de santé du roi Abdallah avait commencé à se dégrader. Et Abdel Bari Atwan de rappeler: «Dans le système politique, le Roi dispose des prérogatives de nommer ou de limoger le Prince héritier. Le nouveau roi a désigné Moqren à la fonction de Prince héritier, coupant court à toutes les spéculations, à l ' intérieur et à l ' extérieur de l ' Arabie saoudite. En effet, avec cette action, c ' est - à - dire, la désignation de Moqren et de Mohammad Ben Nayef, il a barré la route aux spéculations, comme quoi la fonction de prince héritier avait été dévolue au prince Motaab Ben Abdallah, fils ainé d Roi Abdallah. Et Abdel Bari Atwan de poursuivre encore: «La question qui se pose est de savoir quelle politique adoptera le roi Salman, sur le plan de la politique intérieure et extérieure. La confiance faite par le roi à Mohammad Nayef montre que la politique de la poigne de fer contre les islamistes se poursuivra et pourrait même se doper. Le défi auquel est confronté, pourtant, le nouveau Roi, sur le plan intérieur, c ' est la baisse des revenus pétroliers,(environ, 200 milliards de dollars), dus à la baisse du prix du pétrole, provoquée par le refus de l ' Arabie saoudite de réduire le plafond de la production pétrolière de l ' OPEP. La hausse du taux de chômage, parmi les jeunes, risque de les faire basculer dans les rangs des groupes extrémistes et de les amener à adhérer à la pensée takfirie de Daesh et à l ' idéologie d ' Al - Qaïda. Sur le plan de la politique étrangère, le nouveau roi se voit confronter à un Yémen où le parti de la réforme est écarté, et où ses ennemis, c ' est - à - dire, les Houthis, ont pris le pouvoir. A cela, il faut ajouter l ' impuissance de la politique de l ' Arabie saoudite à changer le gouvernement syrien. Pour ce faire, l ' Arabie n ' a ménagé aucun effort, ni aide, pour équiper les rebelles syriens. Il n ' est pas étonnant que le roi Salman décide de changer la politique de son pays envers a Syrie, car, contrairement à son frère, il n ' a pas de problème personnel avec le Président syrien, Bachar al - Assad. S ' agissant de l ' Iran, je ne crois pas que le nouveau roi apporte un changement quelconque, dans la politique envers ce pays, qu ' il considère comme un grand ennemi. Les plus importants changements pourraient se produire, au niveau des pays du golfe Persique, en ce qui concerne les différends avec le voisin qatari, et le développement des relations avec l ' Egypte. Abdel Bari Atwan