Le torchon brûle entre Israël et la Turquie, dont les relations n’ont de cesse de se dégrader. Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a comparé, ce jeudi, son homologue israélien Benjamin Netanyahou aux terroristes islamistes qui ont ensanglanté Paris la semaine dernière. "Tout comme le massacre qui a été commis à Paris par des terroristes est un crime contre l'humanité, Netanyahou, en tant que chef d'un gouvernement qui tue des enfants en train de jouer sur une plage à Gaza, qui détruit des milliers de maisons (...) et qui a massacré nos compatriotes à bord d'un navire d'aide dans les eaux internationales, a commis des crimes contre l'humanité", a asséné l’ancien chef de la diplomatie turque lors d'une conférence de presse, avant de prendre l'avion pour une visite à Bruxelles. Il faisait référence à l'opération "Bordure protectrice" menée cet été à Gaza par l'armée israélienne et qui a coûté la vie à plus de 2 100 Palestiniens. En 2010, l'armée israélienne avait pris d'assaut un navire turc Mavi Marmara, qui faisait partie d'une "flottille pour Gaza" voulant briser le blocus naval israélien autour de l'enclave palestinienne. Dix ressortissants turcs avaient péri dans cette opération militaire. " Petit caïd antisémite " Lundi, c’est le président turc Recep Tayyip Erdogan qui s'en est personnellement pris à Benjamin Netanyahou qui avait, à l’instar d’Ahmet Davutoglu, participé à la marche organisée le 11 janvier à Paris pour condamner les attentats, aux côtés d'une quarantaine d'autres chefs d'État et de gouvernement. "Comment un homme qui a tué 2 500 personnes à Gaza en recourant au terrorisme d'État peut-il aller agiter la main à Paris (...) ? Comment ose-t-il faire une chose pareille ?", a-t-il déclaré. "Vous devriez commencer par annoncer combien de femmes et d'enfants vous avez tués", a-t-il ajouté. Au cours du mois de juillet, le président islamo-conservateur avait accusé Israël d'avoir "surpassé Hitler en matière de barbarie". L’État hébreu avait répliqué mercredi, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liebermann, qui a traité Recep Tayyip Erdogan de "petit caïd antisémite", lors d'une réunion avec les ambassadeurs d’Israël en Europe et en Asie. "Le silence poli, politiquement correct de l'Europe à propos d'un petit caïd de quartier antisémite comme Erdogan, lui et sa bande, tout cela nous ramène aux années 1930", a dit le chef de la diplomatie israélienne. Le chef du gouvernement israélien a également répondu aux déclarations du président turc en dénonçant des "propos honteux" qui "doivent être condamnés par la communauté internationale car la guerre contre le terrorisme ne peut réussir sauf si elle est guidée par une morale claire".