L'Unicef a annoncé mardi que quelque 670 000 enfants étaient privés d'éducation dans les zones syriennes contrôlées par l'EI et qu'au moins 160 enfants avaient perdu la vie en 2014 dans des attaques contre des écoles. Quelque 670 000 enfants sont privés d'éducation dans les zones de l'est de la Syrie contrôlées par l'organisation de l’État islamique (EI), où les écoles ont été fermées en attendant une révision "religieuse" des programmes, a déclaré, mardi 6 janvier, l'Unicef. "En décembre, l'État islamique a ordonné l'arrêt de l'enseignement dans les zones sous son contrôle", a expliqué Christophe Boulierac, porte-parole du Fonds des Nations Unies pour l'enfance, lors d'une conférence de presse à Genève. "L'État islamique dit que les programmes doivent être remaniés et conçus différemment." Ces fermetures d'écoles affectent les élèves du primaire et du secondaire à Raqqa et dans les zones rurales des provinces de Daïr al- Zour et d'Alep, a dit Christophe Boulierac. À cela s'ajoutent des attaques fréquentes contre les établissements, rappelle l'Unicef, qui estime à au moins 160 le nombre d'enfants tués dans ces raids l'année dernière en Syrie, alors que près de 2,4 millions d'enfants ont dû interrompre leur scolarité en raison du conflit. "Entre janvier et décembre, il y a eu au moins 68 attaques contre des écoles qui ont tué au moins 160 enfants et blessé 343 autres", a déclaré lors d'une conférence de presse le porte-parole de l'Unicef. " Les écoles doivent rester des zones de paix et de confiance pour les enfants " Il a précisé que ces chiffres étaient "certainement sous-estimés en raison de la difficulté d'accéder aux informations". Selon l'Unicef, entre 2,1 et 2,4 millions d'enfants syriens ne peuvent aller à l'école en raison de l'insécurité qui règne sur le territoire. "Les écoles doivent rester des zones de paix et de confiance pour les enfants, sans peur de blessure ou de la mort", souligne l'Unicef. Le conflit, commencé en mars 2011 par des manifestations pacifiques violemment réprimées par les autorités, s'est transformé en une guerre civile où les rebelles affrontent non seulement le régime, mais aussi des groupes jihadistes, qui s'en prennent aussi bien au régime qu'aux rebelles "modérés". Les violences ont fait plus de 200 000 morts en près de quatre ans, dont plus de 76 000 en 2014, année la plus sanglante du conflit, selon des données de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. L'Unicef estime pour sa part que plus de 8 millions d'enfants ont été affectés par le conflit, dont 1,7 million sont actuellement réfugiés.