Un étudiant gabonais a été tué samedi 20 décembre, au cours d'une manifestation de l'opposition à Libreville, qui a donné lieu à des heurts avec les forces de l'ordre, a annoncé le parquet. Au moins une vingtaine de personnes ont été interpellées au cours de l'après-midi. Un important dispositif sécuritaire était déployé, avec des camions et des dizaines de policiers et de gendarmes bloquant les accès au carrefour, tandis qu'un hélicoptère survolait en permanence le lieu de la manifestation. Les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes pour empêcher les manifestants de se rassembler au carrefour Rio, dans un quartier populaire de la capitale, où des cortèges de plusieurs centaines de manifestants ont afflué de chaque côté de la place. En première ligne, pris dans les tirs de grenades lacrymogènes, se trouvaient plusieurs ténors de l'opposition - dont l'ancien secrétaire général de l'Union africaine (UA), Jean Ping, et le dernier Premier ministre du défunt président Omar Bongo Ondimba, Jean Eyéghé Ndong. " 50 ans, c ' est trop long! " "Ali, dégage ! 50 ans, c'est trop long !", scandait la foule. Le président Ali Bongo Ondimba a pris les rênes du pays à la mort en 2009 de son père Omar, au pouvoir depuis 1967. Dans la soirée, le procureur de la République, Sidonie Flore Ouwé, a annoncé qu’"un jeune compatriote de 30 ans (...) est décédé" lors de la manifestation. Selon le médecin légiste qui l'a examiné, le jeune homme est décédé d'une blessure à la gorge probablement causée par "un objet tranchant". Ni le procureur ni le médecin légiste n'ont précisé dans quelles circonstances l'étudiant avait été tué. Une forte pluie, conjuguée à l'action des forces de l'ordre, a dispersé le gros de la foule dans l’après-midi. Des heurts ont alors éclaté dans les bidonvilles adjacents, comme les Akébés, où des groupes ont érigé des barricades, brûlant des pneus et au moins une voiture. De grandes colonnes de fumées noires étaient toujours visibles dans le ciel en fin d'après-midi. D'après le procureur, il y a eu "des actes de vandalisme", notamment des boutiques "saccagées", et "des voitures incendiées". Le ministère de l'Intérieur avait annoncé vendredi que la manifestation était interdite afin d'éviter d'éventuels "troubles à l'ordre public".