Le Tchad, le Mali, le Niger, la Mauritanie et le Burkina Faso ont demandé, vendredi 19 décembre, une intervention de l'ONU pour "neutraliser les groupes armés" en Libye. Le Groupe des cinq du Sahel (G5 Sahel), réunis en sommet à Nouakchott, ont lancé un appel au Conseil de sécurité des Nations unies dans leur déclaration finale. Ils réclament la mise en place "d'une force internationale pour neutraliser les groupes armés, aider à la réconciliation nationale et mettre en place des institutions démocratiques stables" en Libye. Les pays soulignent que cela devra se faire "en accord avec l'Union africaine (UA)", qui est officiellement saisie, selon le chef de l'État mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, également président en exercice de l'UA. "Les instances élues, notamment le Parlement libyen élu, ont besoin de force pour mettre en œuvre leurs programmes de développement, dans la paix et la stabilité", a-t-il insisté. " Défis sécuritaires très graves " La menace sur les institutions libyennes est au cœur des préoccupations du Sahel. La veille, ce sont onze pays de la région (Algérie, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée, Libye, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal et Tchad) qui avaient appelé de leurs vœux une mobilisation continentale et internationale pour apporter la stabilité à leur voisin. La question libyenne avait également été évoquée lors d'un forum sur la sécurité en Afrique organisé lundi et mardi dernier à Dakar, un sommet au cours duquel le président malien Ibrahim Boubacar Keïta avait souligné l'urgence d'intervenir, notamment contre les islamistes réfugiés dans le sud de la Libye. "Le Mali, c'est la conséquence directe de la destruction et du désordre libyen, Boko Haram aussi", avait alors lancé le Tchadien Idriss Deby alors que le groupe islamiste nigérian a récemment enlevé 185 personnes d'un même village dans le nord-est du Nigeria. La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du colonel Mouammar Kadhafi au terme de huit mois de conflit en 2011. Livré aux milices, le pays est dirigé par deux Parlements et deux gouvernements - l'un proche des milices islamistes et l'autre reconnu par la communauté internationale - qui se disputent le pouvoir.